À propos de l'Église

Aphorismes

d'Lëtzebuerger Land vom 06.01.2011

Après l’avent, c’est avant l’après, que ce dernier ressemble au nirwana, à l’enfer, au paradis ou au simple au-delà. En ce début d’année, Yvan voudrait vous faire partager quelques aphorismes de son crû.

« Les religieux de tout poil sont souvent barbus et barbants.

Voile islamique, mise à l’écart de la femme, diabolisation de la sexualité : les diseurs de messe ne pensent qu’à la fesse.

Les mots non plus ne sont pas innocents : le terme même de con-fesse aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Mais, comme le professent les docteurs de l’Église, la masturbation nous a sans doute rendu sourds.

Dans l’islam, les femmes portent le voile et les hommes se voilent la face devant l’évidence de la raison.

Prêtres pédophiles : la bite fait le moine.

La lettre d’excuse de l’archévêque aux fidèles était d’ailleurs assez bitoyable.

Ni Dieu, ni mètre ! Ne mesurons pas nos plaisirs charnels !

À l’église, on communie de moins et on communique de plus en plus.

À force de mettre du vin de messe dans leur eau bénite, les curés en viennent à proposer un catholicisme light. Du coup, l’opium du peuple devient de la méthadone.

Aussi préférerai-je toujours les curés en soutane que les prédicateurs en Birkenstock. Don Camillo plutôt que Drewermann !

Quand le pape nous passe un sa­-von, ses bulles éclatent comme des bul-les de savon. Ça fait belle lurette qu’elles ne mettent plus le monde en ébullition.

Yvan, pour sa part, préfère se faire mousser avec les bulles du preux Dom Pérignon.

Les moines ont introduit le vin en Bourgogne et la bière dans les monastères belges. La foi ne ménage pas toujours le foie, une fois !

La parole du Christ est anémique. Pourquoi, sinon, son sang aurait-il été changé en vin blanc ?

Aujourd’hui, il n’y a plus guère que les curés, les homosexuels et les divorcés qui veulent se marier.

L’hypocrisie et l’intransigeance du pape Benoît XVI sont une calamité pour les catholiques et une aubaine pour les bouffeurs de curé.

La mitre n’empêche pas le pape de faire le pitre, ni la kippa les colons juifs de faire des coups bas.

À force de vouloir populariser le message de l’Église, Jean-Paul II a peopeulisé la fonction papale.

Les écritures ne sont pas immuables : l’exégèse a réinterprété le masochisme du Christ en sadisme des curés.

Le suicide de Jésus n’a jamais été condamné par l’Église.

Il faut être psychanalyste pour continuer à penser que le monothéisme est une grande avancée culturelle.

Les hébreux ne seront jamais heureux : les agnostiques les accusent d’avoir inventé le monothéisme et les croyants leur reprochent d’avoir tué Dieu. Les voies de l’antisémitisme sont décidément impénétrables.

Les grandes religions ont toutes été créées par un psychotique, propagées par une poignée d’obsessionnels et suivies par une foule de naïfs.

La voie du salut éternel est souvent dictée par les voix de l’hallucination.

Le chemin du ciel est pavé de mornes intentions. »

Oui, je sais, la frontière est parfois té­nue entre aphorisme et brève de comptoir, mais à tout prendre, Yvan préfère les joies de la contrebande aux lois de la douane. Admettons alors que tu viens de déguster, cher lecteur, des longues de comptoir, car quoiqu’on en dise, la langue du zinc sera toujours préférable à la langue de bois.

Yvan
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