Dioxine

Législation en vue

d'Lëtzebuerger Land du 20.01.2011

Après la découverte, début janvier, de taux de dioxine 78 fois supérieurs à la norme européenne (0,75 nanogramme par kilo) dans de la viande de porc dans le nord de l’Allemagne, l’Union européenne tente d’éviter la panique et de juguler la crise. L’affaire trouve son origine dans des œufs contaminés par ce polluant organique persistant (POP) potentiellement cancérigène par le client du fabricant allemand de graisses animales, Harles und Jentzsch, qui aurait transformé des acides gras de faible qualité destinés à l’industrie en aliments à bétail plus rentables. Berlin a dû, par mesure de sécurité, suspendre l’activité commerciale de 5 200 fermes spécialisées surtout dans l’élevage de poules et de porcs, mais aussi des entreprises laitières et abattre tous les animaux des élevages contaminés.

Mais la défiance gagne du terrain, malgré les propos rassurants rappelant que c’est une exposition plus massive et sur le long terme qui est dangereuse et que justement le mécanisme d’alerte avait bien fonctionné. En effet, après la Corée, la Chine a suspendu ce week-end les importations de produits à base d’œufs et de porcs fabriqués en Allemagne. La Russie et la Slovaquie ont pris des mesures en ce sens en instaurant des mesures de surveillance plus drastiques.

Lors de la session plénière du Parlement européen, lundi 17 janvier, John Dalli, le commissaire européen en charge de la santé et de la consommation, a fait observer que les niveaux de dioxines dans les denrées alimentaires ne sont pas très élevés. Par conséquent, il ne devrait y avoir aucun risque immédiat pour le consommateur qui aurait pris les produits contaminés sur une courte duréé. Le commissaire a par ailleurs affirmé sa volonté de proposer sous peu une réglementation européenne sur la production de graisses destinées à l’alimentation animale pour rétablir la confiance des consommateurs. Il envisage « la possibilité d’imposer une séparation stricte entre les productions de graisses à usage industriel et de graisses utilisées pour la fabrication de composants alimentaires pour les animaux ». Il juge également « nécessaire de rendre obligatoires des contrôles renforcés aux différents stades de la chaîne alimentaire pour déceler une éventuelle contamination à la dioxine ». Ce qu’avait fait d’ailleurs la Belgique après une contamination à la dioxine en 1999. L’Union des consommateurs luxembourgeois partage ce point de vue. Jean Feyereisen, responsable de publication, déplore que les contrôles soient « plus épisodiques que systématiques », et que « souvent il faut un doute pour percer le voile ». « L’Allemagne, dit-il, n’a pas été capable d’assurer la sécurité de ses consommateurs et maintenant c’est à toute l’Europe de faire attention ».

Sophie Mosca
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