Luxair

Numéro d’équilibre

d'Lëtzebuerger Land du 17.05.2007

La compagnie aérienne nationale a dégagé en 2006 un résultat net de 16,9 millions d’euros contre 5,5 millions en 2005, et un résultat d’exploitation de 4,3 millions d’euros (3,2 millions un an plus tôt). Le chiffre d’affaires a atteint 333,5 millions d’euros avec une activité dans le vert pour les branches du voyagiste LuxairTours (400 000 passagers visés en 2007 et 367 800 enregistrés en 2006) et de la plate-forme de fret Cargo Center et des chiffres encore dans le rouge pour les activités classiques des vols réguliers. Ainsi, le résultat d’exploitation de l’activité airline montre toujours une perte de 6,2 millions d’euros, mais la casse des années précédentes a pu être limitée. En 2005, le trou de l’airline s’élevait à près de douze millions d’euros.

2006 fut une année de consolidation, selon les déclarations des dirigeants de Luxair qui présentaient mercredi le rapport d’activité. Les résultats du plan de restructuration seront surtout visibles en 2007, année des « grands changements » et du redéploiement de la compagnie : nouvelle structure tarifaire qui ne néglige plus les petites bourses (lancement dès cette semaine de la formule des réservations de tickets de dernière minute avec Flyday et ses prix d’appel dès 99 euros aller-retour), redéfinition de la desserte et abandon de lignes, nouvelle flotte avec l’arrivée cet été des nouveaux avions Bombardier de type Q400, système de réservation en ligne. La direction table sur des comptes en équilibre en 2008. Le premier trimestre 2007 donne déjà des signes « très positifs ».

La nouvelle image que s’offrira Luxair au mois de septembre avec la mise en service de la nouvelle flotte devrait contribuer à cette relance qui ne sera pas « seulement un coup de peinture », a promis mercredi Marc Hoffmann, le président du conseil d’administration. Ce dernier a d’ailleurs vu son mandat à la tête du CA reconduit. Les actionnaires de la compagnie ont fait le choix de se doter d’un président indépendant. Marc Hoffmann était rentré dans le CA lorsqu’il était encore le patron de Dexia BIL, actionnaire à 13,1 pour cent. La banque va désormais envoyer son nouveaudirigeant, Frank Wagener, siéger chez Luxair. Max Nilles, représentant de l’État luxembourgeois (23,1 pour cent du capital en direct, la BCEE en détenant 13,4 pour cent) y est également un nouveau venu. Il remplace Paul Schmit.

Le plan de restructuration à 15 millions d’euros, qui s’est traduit par des coupes dans les effectifs et les départs sur une base volontaire de près de 200 personnes, est pour Adrien Ney, le patron de Luxair, « un dossier clos ». La compagnie a comptabilisé 128 départs l’année dernièreet en enregistrera 80 autres (naturels) entre 2007 et 2008.

Les dirigeants de Luxair donnent l’impression de chercher encore la place de la compagnie aérienne dans une Grande région assaillie par les opérateurs low cost et la concurrence du TGV. L’ouverture de la ligne à grande vitesse entre Paris et Luxembourg reste un des gros défis de la société qui enregistre actuellement 15 pour cent de son trafic de passagers réguliers avec la ligne desservant l’aéroport de Charles de Gaulle. Martin Issler, qui dirige l’activité aérienne, a indiqué mercredi que l’arrivée du TGV allait obliger la compagnie à réduire la fréquence quotidienne de ses vols entre Paris et le Findel de cinq à quatre. Les nouveaux appareils Q400 avec leurs 72 places devraient permettre de « mieux optimiser cette ligne ».

D’autres changements interviendront avec dans le viseur l’ambition de faire de Luxair, dans la Grande région, une compagnie aérienne « moderne, dynamique, fiable et cultivée ».

Véronique Poujol
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