Au 1er avril

Marguerite Biermann condamnée au shekel symbolique

d'Lëtzebuerger Land du 31.03.2011

Cette fois, le Tageblatt n’en a pipé mot. Et le reste de la presse est resté lui aussi motus et bouche et plume cousus. Et pourtant, après avoir été condamnée en première instance pour injure envers la communauté juive, puis acquittée en appel, Marguerite Biermann a été déclarée coupable d’injure et d’incitation à la haine raciale dans une procédure de comparution immédiate jugée pas plus tard que cette semaine. On se souvient que les juges de la Cour d’Appel avaient cru bon de redéfinir maladroitement la sémantique du mot haine, mais ils avaient surtout fait valoir que le consistoire juif ne pouvait juridiquement représenter des personnes particulières. Alain Meyer, l’ancien vice-président du consistoire, a donc décidé de se constituer partie civile en son nom propre et la justice vient de lui donner raison en condamnant la belliqueuse ex-magistrate à lui verser le shekel symbolique.

Les juges ont considéré qu’on ne saurait reprocher à l’ex-président du Conseil d’État de rester sourd aux malheurs du peuple palestinien, alors qu’il vient de signer une pétition appelant les responsables israéliens à cesser leur politique de colonisation. Ils se sont encore référés à un récent jugement eschois, qui a condamné un ouvrier pour avoir injurié son patron d’un « Les règles sont là pour être respectées par tous, même par les juifs ». Dans leur arrêté, les juges de paix estiment que « la deuxième partie de la phrase laisse entendre que certaines catégories de citoyens bénéficieraient de privilèges injustifiés à l’égard de l’application de la loi, ou tenteraient de se faire accorder de tels privilèges injustifiés. » Les juges du tribunal de Luxembourg ont établi un parallèle entre cette phrase et les propos émis par Madame Biermann dans sa fameuse « carte blanche ». Ils citent encore cet arrêt de la Cour de Cassation en France qui, en janvier 1991, a vu un délit dans le fait de « présenter les Français de race juive comme un danger à l’intérieur du pays ». En effet, Madame Biermann n’a-t-elle pas laissé entendre qu’elle voulait en fait protéger les juifs contre eux-mêmes ? D’après la désormais condamnée, les juifs du Luxembourg, par leur silence face aux agissements de Tsahel, constitueraient donc un danger à l’intérieur du pays pour eux-mêmes, attirant en quelque sorte un antisémitisme bien mérité.

On appréciera l’ironie des juges, qui ont en plus condamné la prévenue à des travaux d’intérêt public dans la bande de Gaza, où elle devra prêter main forte aux agents du Mossad pour retrouver le soldat Gilad Shalit.

RTL, pour sa part, n’a pas souhaité intégrer dame Biermann dans son équipe de la « carte blanche », comme pourtant elle le souhaitait, mais elle a lui proposé de seconder Marc Thoma dans son émission « De Nôl op de Kapp » où elle s’occupera désormais des citoyens qui se sentent lésés par les agissements cupides du lobby juif national et international.

Yvan
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