Circonscription Centre

La Freccia Azzurra

d'Lëtzebuerger Land du 14.10.1999

Depuis dimanche, ils sont triomphateurs. Presque triomphalistes. Les démocrates sentent le vent en poupe et ne cachent pas leur fierté. Dans la circonscription Centre, ils ont largement gagné ces communales : à Bertrange, le député-maire PDL Niki Bettendorf améliore le score des démocrates et atteint une majorité absolue de sept sièges, contre six en 1993 et cinq en 1987. À Hesperange, l'inébranlable maire Alphone Theis, améliore le score du PCS à sept sièges (sur quinze) et reconduira prévisiblement la coalition avec le PDL, qui gagne lui aussi un siège (que perd le POSL) - suite à l'augmentation de la population, le conseil communal de Hesperange a été élargi de deux sièges. À Mersch, le PDL gagne les deux nouveaux sièges du conseil élargi à treize et atteint six sièges. Marcel Erpelding est en train de sonder les possibles coalitions mais semble vouloir préférer les Verts (deux sièges, plus un) au PCS (moins un à trois) ou au POSL (stable à deux). Bien que le maire sortant socialiste Jean Schiltz ait défendu les quatre sièges de son parti avec succès et ait fait le meilleur résultat (32,78 pour cent des voix), il se voit évincer par une coalition PDL-PCS - les deux partis ayant gardé exactement le même nombre de sièges qu'en 1993, à savoir quatre plus trois, le nouveau maire pourrait s'appeler John Bauler. Schuttrange votait pour la première fois selon le système proportionnel, le PDL atteint cinq des onze sièges et vient de convenir d'une coalition avec les socialistes, trois sièges ; le bourgmestre démocrate sortant Jean-Pierre Kauffmann sera reconduit. À Strassen, la bourgmestre démocrate depuis 1993, Gaby Leytem, est elle aussi reconduite dans son mandat. Il n'est pas encore connu avec qui elle alliera les cinq sièges sur onze du PDL, l'ancien partenaire socialiste ayant perdu un siège que Déi Gréng ont gagné (deux en tout). À Walferdange, l'ancien maire démocrate, Carlo Meintz, est de retour. Après douze années passées dans l'opposition - malgré une position de force en 1987 - il vient de reconquérir le poste si convoité de maire. Les socialistes ont emporté les deux sièges supplémentaires, le conseil étant passé de onze à treize membres. Carlo Meintz s'alliera donc avec les socialistes, avec Marie-Anne Worré en tant que premier échevin et un splitting PCS/PDL pour le second poste d'échevin. Reste, parmi les communes votant à la proportionnelle, le bastion socialiste de Steinsel, imprenable. Jean-Pierre Klein y a encore gagné un mandat et dispose désormais avec sept sièges sur onze d'une confortable majorité absolue. Le PCS perd un siège alors que le PDL consolide sa position. Dans toute la circonscription Centre, le PDL sort vainqueur avec cinquante des 123 sièges disponibles (contre 39 en 1987) - soit 40,6 pour cent des voix - contre 33 pour le PCS (26,8 pour cent), en perte de vitesse, 28 pour les socialistes (22,7 pour cent ; plus trois sièges), sept sièges pour Déi Gréng (plus deux) et trois pour l'ADR (stable). Selon les négociations de coalition entamées, sept des neuf communes seront régies par des maires libéraux - c'est probablement ce que les militants appelleraient un raz-de-marée. Dans cette constellation, la capitale est la commune qui symbolise le mieux la nouvelle confiance, le nouvel élan des démocrates. Réunis au restaurant Club 5, ils étaient littéralement subjugués lorsque tombait, dimanche, le résultat de la capitale. Alors qu'ils s'attendaient à une légère perte de vitesse, peut-être même à perdre un siège suite au départ au gouvernement des deux membres du conseil communal les plus populaires, Lydie Polfer et Anne Brasseur, il s'est produit le contraire : leurs scores personnels se sont transformés en scrutins de liste. La perte de vitesse du PDL entamée en 1987 (35,9 pour cent ; puis 33,8 pour cent en 1993) a pu être largement redressée à 39 pour cent des voix et par conséquent, le PDL gagne un siège supplémentaire à onze sur 27. L'actuel maire Paul Helminger, placé en quatrième position derrière ces dames en 1993, sort cette fois vainqueur des élections, avec 14 602 voix personnelles, devant Colette Flesch (12 078) et Simon Beissel (10 198) - cette dernière devient par là à nouveau candidate pour un poste d'échevin. Malgré le mauvais score du PCS - 22 pour cent des voix, perte d'un siège à six (sept en 1993, huit en 1987) - les chrétiens-sociaux resteront le partenaire de coalition. Paul Helminger vient de leur proposer mercredi d'entamer des négociations, qui ne devraient pas être trop longues, les deux partis se connaissant bien depuis les deux législatures précédentes. Selon des sources proches du PDL, le rapport de force entre les deux partis serait néanmoins légèrement modifié, le PDL requérant le maire plus trois échevins et accordant au PCS également trois échevins. Dans cette hypothèse, Jacques Santer, tête de liste PCS et grand perdant de ces élections (7 981 voix seulement), ne deviendrait que simple conseiller. Derrière Santer, les chrétiens-sociaux élus sont, dans l'ordre des voix : Paul-Henri Meyers, Claude Wiseler, Laurent Mosar - ces trois étant les échevins probables - suivis de John Liber et Ferny Nicklaus-Faber. Le PDL entrera dans cette nouvelle législature avec une équipe largement rajeunie et renouvelée : derrière Helminger-Flesch-Beissel, ce seront Jean-Paul Rippinger, Téid Stendebach, Xavier Bettel, Valentin Dahm, Alain de Muyser, Lexy Nilles, Vronny Krieps et Colette Mart. Les socialistes, forcément, sont déçus. Bien que leur tête de liste Jeannot Krecké (9 173 voix) ait fait un meilleur score que Jacques Santer, et qu'il semble que le POSL ait pu freiner, voire corriger sa descente marquée en juin dernier, ils perdent un siège dans la capitale en perdant moins d'un pour cent des voix par rapport à 1993. Or, malgré ce qu'il appelle " le désaveu de la moitié de la coalition actuelle ", Jeannot Krecké n'a pas pu sérieusement prétendre à prendre la place de ces désavoués. Le PDL étant le nouveau partenaire de coalition du PCS au gouvernement, en position de faiblesse à ce niveau, il n'allait pas irriter les nouveaux partenaires en leur infligeant la honte d'un renvoi du pouvoir dans la capitale. En plus, Helminger avait annoncé dès sa campagne électorale, que les électeurs avaient la chance unique de garantir une bonne collaboration entre la Ville et l'État en élisant les mêmes partis (voir LL 42/99), l'argument invoqué étant toujours qu'il serait plus facile de collaborer avec un ministère de la même couleur politique. Les problèmes qui pourraient ainsi être résolus plus facilement, selon Helminger, seraient la sécurité (ministère PCS), l'organisation scolaire avec des rythmes scolaires adaptés (ministère PDL), ou encore les travaux publics (ministère PCS). Bien que Jeannot Krecké affirme ne pas comprendre cette logique (dans un entretien sur RTL Tele Lëtzebuerg mercredi), elle était évidente et prévisible. Néanmoins, les socialistes resteront place Guillaume avec une équipe rodée à différents niveaux de la politique, à savoir - derrière Jeannot Krecké - Mady Delvaux, Ben Fayot, Robert Goebbels et Marc Angel. Les quelques dixième de pour cent, ils peuvent bien les avoir perdus à Déi Lénk, la Gauche, qui reprend la place laissée libre par le parti communiste en 1993. Jeannine Frisch sera la première représentante de son parti, qui a prévu un système de rotation après trois ans. Les Verts ont perdu un siège à deux (François Bausch et Renée Wagener), alors que l'ADR n'a pas seulement reconquis le siège perdu à la Nomp de la dissidente Hilda Rau (élue en 1993 en tant que membre de l'ADR), mais a en plus amélioré son score pour en acquérir deux (Jacques-Yves Henckes et Fernand Zeutzius). Avec le retour du parlement dans son bâtiment du Marché aux herbes, et après les trois élections de cette année, le calme retournera place Guillaume. Dans et devant l'Hôtel de Ville.

josée hansen
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