Tzeedee

CD Nautilus de Sermeq

d'Lëtzebuerger Land vom 21.04.2011

Dans le lot des électroniciens luxembourgeois, on peut placer Sermeq parmi les plus réguliers, à défaut d’avoir une réelle visibilité. Il faut dire que l’homme préfère travailler chez soi et les quelques concerts à son actif sont plutôt prétexte à des collaborations avec d’autres musiciens. Sur un rythme imperturbable d’une sortie tous les deux ans, il compte déjà trois albums, dont deux sur la structure Schnurstrax, auquel vient s’ajouter maintenant le petit dernier, intitulé Nautilus.

Ces quelques 35 minutes saucissonnées en morceaux de huit minutes font la part belle à un ambient suranné à forte coloration ethnique et world (mélodies orientalisantes, percussions tiers-mondistes, cithares, voix bouddhistes, etc…) malgré quelques percées dans un univers plus noir aux réminiscences gothiques dans leur versant new-wave. Au rayon influences, on peut citer évidemment Enigma, Banco de Gaia, Dread Zone, Transglobal Underground, Depeche Mode (eh oui !), voire les délires du docteur Alex Paterson. Les rythmiques, quant à elle, ne prennent jamais le devant de la scène, sont minimales mais travaillées, souvent bien tapées, sans cependant avoir d’autre fonction que d’installer un groove propice aux voyages sensoriels, donc rien qui va dans le tapageur, le viscéral ou le cérébral. D’autre part, des samples vocaux provenant de ses librairies sonores viennent aussi ajouter de la couleur à ses morceaux.

Sermeq semble aussi privilégier des synthétiseurs et autres nappes provenant des 80’s voire de la fin des seventies. À d’autres moments, il ne peut s’empêcher d’enrober ses morceaux d’une dimension kitsch. Comme à son habitude, il a convié quelques invités. La violoncelliste Lisa Berg, avec laquelle il avait collaboré sur la compilation Cell-O-Division, vient apporter quelques boucles de son instrument fétiche sur We Should Feel The Same (Again), qui rappelle les morceaux fleuves de The Orb ramenés à quatre minutes. L’autre invitée est la chanteuse de Plankton Waves, Helena Dyboek, qui vient pousser la chansonnette sur le froid et rythmé Traces, comme si Anne Clark s’essayait à une EBM (electro body music) dénuée d’une certaine agressivité.

Si certains pourraient se gausser de l’approche fondamentalement new-age de Sermeq, le bonhomme persévère dans cette voie sans se soucier du qu’en-dira-t-on et/ou d’éventuelles retombées médiatiques, il est vrai, nulles dans la niche confinée de Sermeq.

Pour plus d’informations : www.myspace.com/sermeq, http://schnurstrax.blogspot.com.
David André
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