CD Tales from my Pocket de Panoplie

Contes de poche

d'Lëtzebuerger Land vom 20.12.2007

Panoplie, asbl créée en 2006, enfonce le clou. Après une première compilation Eskimo Friends, qui a laissé un excellent souvenir et une trentaine de concerts organisés au Luxembourg et en Grande Région, elle remet le couvert en proposant un deuxième volet intitulé Tales from my pocket. Pour l’occasion, Panoplie se dote d’un micro-label, Pocketheaven. À nouveau, le parti pris d’un certain esthétisme est de mise. L’emballage réalisé par l’artiste luxembourgeoise Stina Fisch est tout bonnement magnifique. Optant pour un format étui de DVD en carton où prime un noir et blanc d’une sobre élégance, l’illustration renvoie à un graphisme très 60’s et popculture tout y ajoutant  cette naïveté tongue in cheek propre à mademoiselle Fisch.Musicalement, la compilation est axée cette fois-ci surtout sur des morceaux indietronica et de songwriters. Le rayon luxembourgeois est à nouveau bien fourni avec pas moins de cinq participations. Les bons points sont distribués à The Theory of Coincidence pour sa belle épure au piano en trois mini mouvements qui ouvre l’album et Afurnishedsoul pour son vibrant Temps des cerises. Lo-Fi et Raftside confirment leur talent à défaut de surprendre (des titres autrement plus convaincants de leurs albums respectifs que Some­times life can be bigger et Win the game auraient été plus appropriés). Cheveu dans la soupe, le très fade et convenu Renewal de Berlin Calvados évoque bâillements et envie de prendre la zappette.Au rayon international, la mainmise transalpine règne avec pas moins de six éléments. Dortmund Project nous love avec ses Tales from the sea qui rappellent le dernier Air. A wish d’Athebustop s’offre une balade boisée du côté d’un Coldplay, qui aurait gardé les pieds sur terre. D’humeur automnale, Roberto Angelini et le Collettivo Angelo Mai signent un Fiori rari tout en retenue. Avec un timbre vocal rappelant les roucoulades d’Iggy Pop, voire d’un Lou Reed, Giovanni Ferrario s’enfonce dans les poncifs que ses deux influences majeures pouvaient avoir lors de leurs multiples passages à vide. Ça fait bizarre d’entendre chanter John Lennon en italien sous le pseudonyme Lotus ? Trasparenti ma non liberti nous rappelle le bon souvenir du plus célèbre binoclard du rock (mais que fait Yoko Ono ?). Musical Buzzino esquisse une virée très nocturne qui nous donne une idée de ce que pourrait ressembler une collaboration entre Zap Zoo et Raftside.Les Colonais de Wolke nous donnent un beau pied de nez en reprenant tout en décalage un morceau de Daft Punk. Côté ricain, Uzi and Ari nous assène un Tiny house tout en apesanteur, tandis que le nouveau protégé de John Frusciante, Mikah Sykes se fend d’un I would not au minimalisme ensorcelant. Mais la palme conjointe revient à Sara Lov et à John Parish. La première, chanteuse des Devics, fait une fois de plus preuve de sa grâce confondante qui ferait fondre n’importe quel iceberg de la banquise avec un superbe Tell me how entre Feist et les Cowboy Junkies ! Quant à l’habituel collaborateur inspiré de PJ Harvey se permet, le temps d’un lumineux et panoramique Glade park, de conjuguer noirceur et optimisme.Au final, ce Tales from my pocket se révèle être une très agréable compilation au packaging superbe, rappelons-le, dont les quelques faiblesse toutes relatives sont balayées par les grands moments qu’elle recèle. Des moments dont on espère que Panoplie continuera à nous faire partager…

La compilation est en vente pour 12 euros aux concerts de l’association et à travers les sites www.panoplie.lu, www.amazon.de, www.dischivolanti.ch ou encore au points de vente suivants :CD Buttik Beim Palais, Luxembourg, New Sound, Mudam Boutique.

 

David André
© 2017 d’Lëtzebuerger Land