CD Quentin Lagonza de Quentin Lagonza

Sonic rendez-vous

d'Lëtzebuerger Land du 31.08.2006

Quatuor au line-up très rock'n'roll basique (basse, batterie, chant et guitare), Quentin Lagonza nous sort son premier CD démo cinq titres éponyme. Cinq compositions aux rythmes midtempo et autres guitares graisseuses qui se situent entre garage et hard rock lorgnant aussi bien vers les seventies (Stooges, Slade et Black Sabbath) que vers le grunge tendance cambouis (Mudhoney et les premiers Nirvana). Le CD sonne volontiers crade et basse fidélité et semble, en toute logique, tout droit sorti des égouts. Mis en relief par un certain Mr. Yvil (qui sévit aussi dans John McAsskill), qui a su insuffler la chaleur et le cambouis nécessaires, ce qui, pour ce sous-genre musical particulier, donne du grain et du relief, suivant l'équation bien connue: son crade + musique crade = signe d'authenticité garage garanti (sic!). Le chant rocailleux, rauque et puissant marque surtout par sa présence, mais n'arrive pas toujours à trouver l'aisance et la justesse nécessaires. La guitare, toute distorsion dehors, propose surtout des powerchords et des soli minimalistes qui laissent peu de place à la subtilité, mais on ne lui demande pas autre chose non plus. La basse déroule tout en fluidité, tour à tour féline et claquante, alternant passages clean et plus crades avec un égal bonheur. Quant à la batterie, elle fait plus qu'assurer honnêtement et n'hésite pas à se mettre à l'avant-plan avec ses fill ins claquants, que l'on retrouve régulièrement tout au long de la plaque. À noter beaucoup d'enthousiasme et d'énergie, on sent que les quatre membres de Quentin Lagonza (signalons tout de même, parmi eux, la présence d'un des membres de Tvesla, formation instrumentale parmi les plus passionnantes du Grand-Duché) se sont amusés à composer et à enregistrer ces morceaux. Mais il manque l'urgence viscérale qui donne normalement à ce genre de plaques une vie et une crédibilité qui suscitent alors plus qu'un intérêt poli et sympathisant. Les compositions invoquent un primitivisme de bon aloi, où le riff de guitare est l'élément central et moteur de la chanson, où viennent se joindre ensuite éructations et section rythmique qui bastonnent. Malheureusement, tous ces éléments n'arrivent pas à masquer un songwriting souvent erratique et hasardeux. Parmi les surprises du CD citons Blow au tempo plus enlevé que les autres morceaux et aux chœurs délicieusement punk old-school et le boogie rock d'Exit. C'est bourrin et cela se revendique comme tel! Pas de prises de tête et d'atermoiements sur sa petite personne ou d'autres sensibleries que d'aucuns qualifient de tourments de l'âme! On est là pour fêter l'esprit rock'n'roll avec force hédonisme et rage au ventre! Au final, nous nous retrouvons donc avec un peu moins de vingt minutes qui respirent la bonne humeur et une envie d'en découdre qui dévoilent d'éventuelles qualités scéniques. Mais ces premiers pas de Quentin Lagonza sont encore empreints d'une certaine maladresse (voir les réserves ci-dessus) qui, on l'espère, devrait s'estomper avec l'expérience!

www.myspace.com/quentinlagonza

 

David André
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