Cinéma

Un retour en force

d'Lëtzebuerger Land vom 28.08.2015

De 1964 à 1968, une série télévisé de la NBC mettait en scène un scénario très utopiste pour ce temps de guerre froide. Dans The Man from UNCLE (« Des agents très spéciaux »), les services de renseignements du monde entier s’étaient réunis dans une seule organisation ultra-secrète pour combattre toutes sortes de malfrats et notamment l’organisation THRUSH., visant ni moins que la conquête de la planète. Napoleon Solo de la CIA (Robert Vaughn) et Illya Kuriakyn (David McCallum) du KGB formèrent alors le duo choc de UNCLE.

L’inventeur du personnage flambeur de Solo n’était nul autre que Ian Fleming, qui avait également imaginé James Bond quelque peu avant. Par un souci de ressemblance entre les deux héros, l’auteur refusa d’ailleurs que son nom soit associé à la série et le titre d’origine Fleming’s Solo a dû être changé. L’énorme succès auprès du public américain et britannique permit même aux producteurs de The Man from UNCLE à sortir des versions plus sexy et plus musclées de certains épisodes au cinéma. Après un téléfilm réunissant l’équipe d’origine une dernière fois en 1983, le réalisateur Guy Ritchie et son collaborateur régulier, le scénariste Lionel Wigram, ont fait renaître les agents de UNCLE pour un remake spectaculaire et entraînant.

Dans une mise en scène très dynamique et proche du clip, le cinéaste britannique, qui avait également réinterprété Sherlock Holmes au grand écran, s’en donne à cœur joie et met en œuvre tous ces moyens visuels et musicaux pour maintenir un rythme bien poussé sur toute la longueur du film. Passé par le broyeur stylistique du réalisateur de Snatch (2000), The Man from UNCLE est devenu une comédie d’action, qui combine de manière très efficace le flair des années 1960 avec les moyens de mise en scène d’un blockbuster contemporain. Split screens, ralentis et prises de vues spectaculaires sont parfaitement orchestrés pour créer l’ambiance haletante de cette aventure d’espionnage qui mène les protagonistes de Londres à Rome.

Contrairement à la série, le film se focalise sur la première mission de Solo et Kuriakyn et la création de l’organisation UNCLE (United Network Command for Law and Enforcement). Devant collaborer contre leur gré, les deux agents interprétés par Henry Cavill (Man of Steel, 2013) et Armie Hammer (The Lone Ranger, 2013) ont des approches totalement opposées, mais apprennent doucement à s’apprécier. Tout comme l’actrice Alicia Vikander (Seventh Son, 2014) jouant la fille d’un scientifique allemand détenant les plans d’une bombe nucléaire et Elizabeth Debicki, dans le rôle de la cruelle Victoria (The Great Gatsby, 2013), ils prennent visiblement un malin plaisir dans ce divertissement léger, mis en scène et monté d’une main de maître.

Alors que les espions se relayent actuellement à un rythme mensuel sur grand écran The Man from UNCLE est un bon passe-temps en attendant la sortie de Spectre, la 24e aventure de James Bond. Fränk Grotz

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