Télécommunications sans le service public

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d'Lëtzebuerger Land vom 11.12.2003

Quel avenir pour les Luxembourgeois sans le service public ? Même les entrepreneurs n'échappent plus à son attrait : LuXcommunications, détenteur de la quatrième licence UMTS, collaborera finalement avec l'Entreprise des P[&]T pour lancer ses services de télécommunications. Le projet initial, le partage des infrastructures avec Tango (groupe Tele2), est tombé à l'eau.

LuXcom se développe néanmoins en une sorte de « Tango bis ». Jean-Claude Bintz, dirigeant historique de Tango, avait annoncé la couleur dès le mois de juillet. Que le directeur général Pascal Koster allait le suivre s'est confirmé cette semaine. Les deux seront nommés administrateurs-directeurs de LuXcom et trouveront aussi leur place dans le capital de la société, détenu à parts égales par Audiolux et BGL Investment Partners. Depuis qu'il est devenu clair que le partenaire s'appellera P[&]T plutôt que Tele2, Bintz et Koster ont par ailleurs débauché plusieurs des principaux responsables de Tango ­ exercice facilité par une restructuration profonde de l'opérateur suédois.

Le partenariat avec les P[&]T suit les mêmes lignes que celui prévu avec Tango, même s'il diffère sur certains détails. Dans une première phase, LuXcom utilisera le réseau GSM des P[&]T pour offrir ses services - a priori à partir de février. Pour la technologie UMTS - les téléphones se font toujours attendre - certains éléments du réseau seront partagés par les deux opérateurs (notamment les mats, lignes électriques, etc.), mais cela ira moins loin que prévu avec Tango. Les économies comparées à un projet en cavalier seul resteraient cependant plus ou moins les mêmes : jusqu'à 40 pour cent pour chacun des deux opérateurs. Comme les P[&]T, LuXcom sera fourni par Siemens.

Quand on parle de projets de téléphonie mobile au Luxembourg, l'éternelle question reste celle des autorisations pour construire des antennes. La plan directeur sectoriel pour la mobilophonie attend toujours son adoption - sans quoi, aucune nouvelle installation ne verra le jour. Le ministre François Biltgen espère conclure « dans les prochains mois ».

Une interrogation plus précise porte sur les numéros de téléphone de ceux qui veulent changer d'opérateur. Sur le réseau fixe, c'est déjà possible de garder son numéro. Sur le mobile... aussi ! Sur le plan juridique, la question est en effet tranchée et la portabilité ne peut être refusée au client. Or, la mise en œuvre technique traîne des pieds. Il est prévu qu'un groupement d'intérêts économiques (GIE) des différents opérateurs se mette d'accord à ce sujet. Ce qu'il peine à faire. « On nous demande de trouver un consensus, explique Pascal Koster, or il y a des intérêts divergents. Il nous faut donc des règles pour prendre des décisions, par exemple à la majorité. » Le régulateur, l'ILR, s'est cependant abstenu jusqu'ici de tracer ce cadre et les réunions ne font dès lors que s'enliser.

L'ILR, qui a présenté cette semaine son rapport annuel 2002, se montre néanmoins satisfait : selon les dernières statistiques, le Luxembourg affiche des prix de télécommunication en général en dessous de la moyenne européenne. 

L'ILR s'approche par ailleurs enfin d'une solution pour un conflit qui l'oppose depuis des années aux P[&]T dans les télécommunications fixes. Début de la semaine, le régulateur a ainsi accepté les tarifs en gros facturés par les P[&]T aux autres opérateurs pour l'année... 2002. Les décisions pour 2003 et 2004 devraient tomber avant la fin de l'année.

 

 

Jean-Lou Siweck
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