Tour de France

L’art et les manières

d'Lëtzebuerger Land du 22.07.2011

À l’heure où paraissent ces lignes, nul ne sait si les frères Schleck ont enfin décidé de jouer Frank jeu ou s’ils continuent dans les Alpes à donner raison aux qu’Andy ra-t-on qui font désormais de nos frères nickel les pieds nickelés du vélo. Toujours est-il qu’au plateau de Breille, ils ont tellement braillé entre eux qu’Yvan n’avait aucun mal à transcrire leur conversation :

« Eh Frank, j’ai attrapé un gros torticolis !

C’est pas étonnant, à force dete retourner pour voir si j’y suis, ton cou souffre plus que tes mollets. En tournant ta tête comme une girouette, tu ferais peut-être mieux de t’essayer à la politique, comme notre frangin.

Faut dire que tu ne m’aides pas vraiment. L’an dernier, tu t’es même cassé prématurément en te cassant la gueule et tu m’as bien laissé tomber !

En tombant, je voulais juste faire de toi un tombeur, et cela t’avait presque réussi. Sans moi, tu faisais preuve d’un tout autre panache.

Oui, mais aujourd’hui, en plaçant un démarrage, j’ai peur de faire coincer mon dérailleur. Et les journaleux de « L’Équipe » nous raillent déjà assez.

Il faut bien admettre jeunot que dans notre famille, nous avons tous un problème avec l’attaque : notre vieux John ne savait jamais quand il fallait ne pas attaquer, nous, on n’arrête pas de nous demander quand il faut attaquer et notre frangin ne sait toujours pas s’il doit attaquer avec les verts ou avec les rouges.

Quoiqu’il en soit, tant que tu n’attaques pas, ce Contador !

Oui, mais les journalistes, eux, nous traitent d’épiciers, alors qu’il y a peu on me reprochait de faire des comptes d’apothicaire avec le docteur Fuentes.

La montagne risque encore d’accoucher d’une souris et du coup nous (nous) sommes faits comme des rats et les souris ne nous sourient plus sur le podium.

Malgré son retard, ce néo-végétarien d’Espagnol nous fait végéter comme des riens et en attendant c’est nous qui comptons les petits pois, ce qui ne nous fera d’ailleurs jamais gagner le maillot à pois du meilleur grimpeur.

De toutes façons, ce n’est que le jaune qui m’intéresse, histoire de rendre hommage à notre vieux qui n’était jamais en John. Et pour cela, mieux vaut la calculette que le panache. Allez, je file, je vais les épater en leur mettant deux secondes, au moins … »

Sitôt dit, sitôt fait. Et s’il est vrai qu’avec des secondes, on gagne parfois le Tour, les légendes, elles, se construisent à force de minutes, voire de mauvais quarts d’heure qu’on fait passer à ses adversaires. Cochonou qui s’en dédit !

Yvan
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