Le Bourgeois gentilhomme

En rose et noir

d'Lëtzebuerger Land du 09.01.2003

Comme pour toute scène, comme pour tout théâtre, le début de l'année signifie le début des programmes réjouissants ? Aviez-vous déjà noté que chaque début de janvier il y a comme un renouveau dans l'engouement du théâtre et de ce qu'il propose au Luxembourg ? C'est bien le cas aussi au Théâtre du Centaure, tout le monde s'anime, s'agite pour les nouvelles représentations... et le public ne fait plus que trépigner. Ce qui d'ailleurs est de bonne augure pour le vingt-cinquième anniversaire de cette belle petite salle cossue avant sa remise à neuf. En principe on le sait, la programmation du Centaure plaît et fait affluer le public, parfois même en surnombre. Récapitulons un peu : en octobre dernier, un début de saison dynamique avec le sacré Jhemp Schuster. Ensuite un peu plus tard, en novembre donc, un petit coup de tonnerre, une véritable gloire avec l'adaptation par Maria-Leena Junker des réflexions féminines signées Eve Ensler : Les désormais fameux Monologues du vagin luxembourgeois.

 

Actuellement, au Centaure il se prépare une nouvelle réjouissance théâtrale. À s'en référer aux précédentes et nombreuses adaptions et mises en scènes du vénéré Molière, un succès futur quasi assuré. Que de plus classiquement théâtral qu'un bon Molière. Seulement, gare à celui ou celle qui lèvera le pied sur la qualité de la mise en scène, car les textes pamphlétaires du théâtre classique français et notamment ceux de Molière sont si denses, tellement emprunts des traits de tout caractère ou personnage humain, menant à des considérations riches sur les jeux des hommes et leur communication, ne s'appliquant d'ailleurs pas seulement aux contemporains de Molière, qu'il est très simple d'en faire de la bouillie bien grasse. Et là rares sont ceux qui apprécient.

 

Enfin dans le cas du Centaure, les préparatifs, à savoir le travail de comédie et de scène tournent en ce moment autour du Bourgeois Gentilhomme écrit en 1670 par Jean-Baptiste Poquelin dit Molière (1622-1673). La mise en scène, et ceci est un gage de qualité, est assurée par Maria-Leena Junker, quant à l'interprétation elle est donnée par les élèves du Conservatoire du Luxembourg et d'autres, à savoir, Monique Reuter et Jean-François Wolff (incarnant les Jourdains). Mais aussi par Colette Kieffer, Ellen Blanckaert, Delphine Schlim, Myriam Garcia, Franck Sasanoff, Alain Holtgen, Luc Schiltz, Olivier Aromatario et Elric Vanpouille.

 

Il est bon de se remémorer l'histoire de la pièce : un couple petit bourgeois, les Jourdains tente (surtout en ce qui concerne Monsieur) d'accéder aux prestiges de la quasi-noblesse. Devenir gentilhomme ! Pour ce faire, il est fort utile de s'instruire : ainsi maîtres de danse, des armes, de musique et de philosophie sont conviés. Parallèlement un amour grandissant entre Lucille Jourdain (la fille) et Cléonte (un jeune bourgeois non gentilhomme) vient semer la pagaille. Tel que le jeune prétendant se présente, il n'épousera pas Lucille, décide le père. Ainsi un subterfuge est mis en place, Cléonte prend l'apparence du fils du Grand Turc et prétend arriver en ville... tombe forcément amoureux de Lucille, demande sa main, et prestige oblige, propose en contrepartie à son futur beau-père, le titre honorifique de Mamamuchi. Ha ! Que de pitreries sur fond de réflexions sociales pour une fin heureuse.

 

Cette pièce est plus que d'autres Molières encore, la comédie dite de moeurs dotée d'intermèdes bouffons, par excellence. Le leitmotiv de la joyeuse troupe du Centaure se regroupant autour de Madame Junker, sera l'amusement. Tant les comédiens que le public devra s'amuser et rire. Pour ce qui est de Maria-Leena Junker, ce qui primera encore plus est de faire revivre (en noir et en rose pink) une fois de plus la belle langue de Molière. Un programme attrayant, où il suffira d'emmener avec soi un peu de jugeotte et de larges sourires.

 

Pour les dates et les réservations : tél. 22 28 28. Adresse : Am Dierfgen, 4 Grand-Rue, Luxembourg-Ville

 

Karolina Markiewicz
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