Printemps des poètes

Événements littéraires

d'Lëtzebuerger Land du 24.03.2017

Cette fin de mars est chargée en événements littéraires, ici et ailleurs. Ici, par la dixième édition du Printemps des poètes, du vendredi 31 mars au dimanche 2 avril, ailleurs, par le Salon du livre de Paris, d’aujourd’hui jusqu’au lundi 27 mars.

Le Printemps des poètes, véritable institution de la poésie, présidé par Bruno Théret et dont Nico Helminger est le directeur artistique, invite, comme tous les ans, à différents endroits du pays, Kulturfabrik, Neumünster, Galerie Simoncini et, cette année-ci également, au Théâtre national du Luxembourg, pour écouter des poètes venus du monde entier nous réciter quelques-uns de leurs textes. La formule ne change pas beaucoup, depuis des années, il y a toujours une lecture mise en bouche vendredi soir, une sorte d’after, dimanche matin, et samedi soir a lieu le plat de résistance, qui n’est plus tout à fait ce marathon de lecture, dont on avait l’habitude, mais une carte blanche donnée à Fiston Mwanza Mujila, auteur congolais, et Habib Tengour, un des grands auteurs maghrébins (Algérie) de langue française (certainement parmi les points forts de cette édition du Printemps) et qui travaille actuellement à une édition complète des œuvres de Mohammed Dib, avec des prestations d’Ana Luísa Amaral (Portugal) Bartłomiej Majzel (Pologne), Amir Or (Israël), Jean Portante (Luxembourg), Loretto Rafanelli (Italie) et Elisabeth Wandeler-Deck (Suisse).

Autre moment clé : la venue d’Amir Or, figure très connue de la poésie israélienne contemporaine, auteur d’un grand nombre de recueils de poésie en hébreu, traduits dans une quarantaine de langues, lui-même est traducteur du grec ancien, directeur des revues Helicon et Katuv et un des membres fondateurs du World Poetry Movement et de l’European Association of Writing Programs. Il lira samedi soir, le 1er avril, ainsi que le lendemain, à la Galerie Simoncini.

Si les écrivains du monde se déplacent pour venir au Luxembourg, à l’inverse, les écrivains et éditeurs luxembourgeois se déplacent, eux, pour aller au Salon du livre de Paris. Les éditions Phi, après quelques années d’absence, se partageront un stand, en plein milieu des petits éditeurs indépendants de qualité, avec Hydre Éditions1 – comme quoi les relégations au fin fond du vaste hall 1 de la Porte de Versailles, c’est fini. Demain soir, samedi 25 mars, aura lieu, au Marchal (lieu pluridisciplinaire du 20e arrondissement) une soirée de lecture autour des écritures théâtrales francophones du Luxembourg, intitulée Littérature DeLux #2, organisée par la Mission culturelle du Luxembourg en France et la compagnie parisienne Théâtre de Personne, dont fait partie le comédien luxembourgeois, Fabio Godinho, récemment vu dans le Dom Juan mis en scène par Myriam Muller, avec, pour fil rouge, la thématique si spécifiquement luxembourgeoise des migrations, des mouvements, des frontières. Théâtre de Personne montrera également un extrait d’une de leurs propres créations, Que la terre m’étouffe si j’agis faussement (écrit par Fabio Godinho), spectacle qui est à la fois un dialogue entre personnages de différentes origines, et un dialogue entre le public et la scène. Ah quel dommage que le reste du monde ne fonctionne pas avec la même aise transfrontalière que la République mondiale des Lettres.

1 L’auteur est un des fondateurs de Hydre Éditions

Ian de Toffoli
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