Ralitt

Vibrer par et pour le bon son

Photo: Sven Becker
d'Lëtzebuerger Land du 24.03.2017

La musique, Ralitt – de son nom civil Khalid Bartholomé – la pratique dès son plus jeune âge. À cinq ans, il suit un cursus assez classique avec solfège et cours de piano avec une professeure venue de Saint-Pétersbourg qui lui fait toutefois « détester la musique dans son aspect académique ». Si ce rejet des règles établies le suit de près au cours des années qui suivent, et ce même dans sa scolarité, l’adolescent sait déjà qu’il articulera sa vie autour de sa passion musicale. Ainsi, à quinze ans, il investit une salle polyvalente d’un village de la Province belge de Luxembourg avec quelques amis et lance ses premières soirées lors desquelles il officie en tant que DJ, créant des sets inspirés de ses idoles électroniques de l’époque que sont Justice ou encore Soulwax. Le succès est au rendez-vous et galvanise l’artiste en devenir : « À la campagne, lorsque tu as un son nouveau et assez adulte pour ton âge, les gens parlent beaucoup de toi et le bouche à oreille fonctionne très vite ». Ralitt est rapidement demandé un peu partout dans la province et affine sa technique et ses goûts lors de ses nombreuses prestations, puis notamment grâce la création du festival Wave qu’il co-organise alors en parallèle d’une récente première prise de poste à la Maison des jeunes d’Arlon et qui combine arts visuels et musique...

Au fur et à mesure que le festival Wave gagne en crédibilité et en soutiens, de grands organisateurs bruxellois, permettant aux organisateurs de faire venir des artistes à la réputation solide comme Monophonics, DJ Deep ou Mister X – que l’on retrouvera plus tard à Luxembourg au sein du projet Goodbye Monopol –, Ralitt commence à se faire connaître sur la scène grand-ducale en organisant des soirée de promotion au Dqliq... Un signe probable que ce lieu restera important à l’avenir puisque le DJ hyperactif collabore aujourd’hui de manière permanente avec le Gudde Wëllen, comme pour les soirées belges actuelles qui ont pour vocation de mettre à chaque fois une ville du plat pays à l’honneur : « Le but est vraiment de faire découvrir des artistes émergents qui sont originaires de la ville à l’affiche et qui sont actifs dans des lieux culturels que nous aimons tout particulièrement sur place, avec souvent un triptyque d’artistes aux styles très différents ! » La dernière mettait Liège sous les feux de la rampe, c’est la flamande Gand qui sera à l’honneur lors de la prochaine édition, très probablement courant juin.

Mais la présence de Ralitt à Luxembourg ne s’arrête pas au plateau du Saint Esprit : le jeune homme peut être aperçu et apprécié derrière les platines de bon nombres d’événements culturels, de presse et de networking, du Mudam aux Rotondes en passant par le Tramsschapp ou encore la Rockhal... En distillant un son à la fois éclectique et pointu, inspiré non seulement des grands noms de l’électro mais aussi des groupes de rock émergents – Cocaïne Piss, Brutus – et des nouveaux talents de la scène Hip Hop francophone comme Roméo Elvis, Jean Jasse ou encore par l’Américain Anderson Paak, son coup de cœur funky du moment, Ralitt a su trouver un style de mix unique qui enchante les belles de jour comme les oiseaux de nuits... « J’aime vraiment toucher à tous les styles et les mélanger... Lors d’un set de cinq heures, je peux faire voyager les gens, les emmener quelque part d’inattendu grâce à la musique, c’est grisant ! »

Mais se contenter de mixer aurait été trop simple pour le Belge de 25 ans puisqu’il officie également depuis deux ans comme programmateur pour le festival des Aralunaires aux côtés de
Sebastien Cuvelier qui a fait appel à lui pour attirer encore plus de jeunes lors de cette manifestation culturelle majeure de la Grande Région. Il apprécie tout particulièrement la liberté d’action qui lui est offerte ainsi que les moyens mis en œuvre par la ville d’Arlon chaque année pour l’événement : « On peut organiser un show à la Tour Jupiter et investir le lendemain l’appartement d’une concession de pompes funèbres ! » Enfin, c’est avec le magasin de streetwear Stitch, situé Grand Rue, que Khalid diversifie son activité créative à Luxembourg. Tout d’abord chargé d’assurer l’animation musicale des différentes soirées organisées à la boutique, le DJ est aujourd’hui un véritable vecteur d’image pour cette dernière et sa marque éponyme, au point qu’un sweatshirt Ralitt X Stitch figurant le pictogramme capillaire typique de l’artiste y est disponible en exclusivité depuis début mars. Si l’on ajoute à cela des nouveaux concepts plus festifs issus d’une réflexion commune qui devraient bientôt voir le jour et les nombreuses autres collaborations auxquelles il participe actuellement, il semble peu probable que Ralitt se lasse du Luxembourg dans les années à venir, et inversement...

Fabien Rodrigues
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