Un journal disparaît

Un des derniers exemplaires du programme des théâtres
Photo: Trash Picture Company
Actualité du 07.01.2019 11:43

« La Theaterzeitung est insérée chaque dernier jeudi du mois dans le Tageblatt, le Quotidien et le Jeudi », affirme la Theaterfederatioun (FLTP) sur son site theater.lu. Or, jeudi 27, qui fut le dernier du mois de décembre, l’amateur cherchait en vain le programme mensuel de tous les théâtres membres de le fédération – un support bien pratique pour planifier ses sorties du mois entre grandes scènes, asbls et centres culturels. En lieu et place du supplément gratuit, on y fut informé par une petite annonce que « le programme actuel [est] disponible en ligne à tout moment ». Interrogés par le Land, aussi bien le directeur du groupe Editpress Jean-Lou Siweck que la présidente de la Theaterfederatioun Carole Lorang confirment la suppression de ladite publication. Que s’est-il passé ? 

La Theaterzeitung (photo : TPC) a été lancée en 2009 à l’initiative de la FLTP, pour promouvoir les programmes de ses membres. Elle fut d’abord publiée en supplément des médias des deux grands groupes de presse, Saint-Paul et Editpress – le premier étant payé pour ce faire, le deuxième le faisant gracieusement. En 2015, dans la foulée de sa réforme des conventions avec les associations culturelles, la ministre libérale Maggy Nagel (DP) amputa radicalement la dotation de la FLTP de ses 137 500 euros de 2014 à 110 000 euros. Le comité de la fédération décida alors qu’elle ne pouvait plus payer pour cette publication et le Wort en arrêta la diffusion. Mais les journaux d’Editpress continuèrent à la financer à leurs propres frais. Or, dans ses efforts pour réduire les pertes du groupe, Jean-Lou Siweck vient d’annoncer qu’il en facturerait désormais les frais : 60 000 euros par an, plus 17 pour cent de TVA, soit plus de la moitié de la dotation actuelle de la Theaterfederatioun. Qui a dû se résoudre au constat qu’elle ne pouvait pas engager autant d’argent et préfère investir dans la refonte de son site internet, qui est actuellement peu pratique. Quoi qu’il en soit, la disparition de ce magazine de communication est une perte pour le public, qui y découvrait de manière concise toute la programmation de toutes les maisons, associations et festivals, plus des portraits et interviews des professionnels des théâtres. 

josée hansen
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