RTL inquiète

RTL City à Luxembourg-Kirchberg
Foto: Mike Zenari
Aktuelle Meldung vom 23.09.2019 10:42

Le sentiment d’inquiétude prend de la vigueur un mois après l’annonce le 28 août de la restructuration du siège de RTL au Grand-Duché. Synonyme d’un futur plan social, elle avait suscité un émoi tardif et limité. Quelques jours après, trois parlementaires s’étaient finalement inquiétés du sort réservé aux 85 personnes concernées (selon les chiffres fournis par RTL), sur les cent employées par le corporate centre, ainsi que de l’avenir du groupe média au Luxembourg, où il a été fondé au début des années 30. Les activités information (RTL télé et radio Lëtzebuerg via CLT-Ufa) et diffusion (Broadcasting Center Europe) ne devaient pas être impliquées et quelque 600 personnes y travailleraient encore après la restructuration annoncée en même temps que le bilan d’un premier semestre record pour le groupe média.

Aucune communication des syndicats, de la direction ou de l’État n’a encore rassuré sur la décision des actionnaires de RTL, Bertelsmann, alors que le centre de gravité de l’entreprise se déporte irrémédiablement vers l’Allemagne depuis la nomination en avril de Thomas Rabe à sa tête. Au contraire, contacté par le Land ce lundi, le syndicaliste en charge du dossier à l’OGBL, Pit Schreiner, indique qu’aucun contact n’a été pris par la direction en vue de la négociation d’un plan social. « Le calendrier annoncé par RTL (c’est-à-dire un accord d’ici fin octobre, ndlr) nous paraît impossible à mettre en œuvre », explique-t-il. Seules des discussions avec la délégation du personnel ont été entreprises et là, « les chiffres changent de réunion en réunion », détaille Pit Schreiner. Le représentant syndical explique qu’il a même été question de 90 personnes alternativement relocalisées à Cologne ou licenciées. De quoi répandre la crainte dans les bureaux de RTL City au Kirchberg.

L’accord de financement par l’État des programmes de service public télévisuel ne porte que jusqu’en 2023, mais la présence du siège au Luxembourg est garantie jusqu’en 2030. Mais quel type de siège ? D’autres activités du groupe viendront elles étoffer son activité au Grand-Duché au delà de celles sponsorisées par l’État ? 

Ce n’est pas la première fois que le siège de RTL tangue. Son maintien au Grand-Duché avait été remis en question lors de la négociation en 2007 du contrat de concession 2010-2020. Le lien avait été assuré via de petits arrangements. Lors des discussions sur le texte couvrant la période 2020-2030, le gouvernement avait opéré en position de force. L’affaire Lunghi avait donné droit à un contrôle qualité poussé. Les fréquences rétrocédées par l’État pour que RTL émette ne portent elles plus beaucoup de valeur et la puissance publique finance, en espèces sonnantes et trébuchantes, à partir de 2020 les programmes de RTL télé. Les négociations pour les financements 2024-2026 débuteront fin 2020 alors que le siège du groupe ne devrait plus compter qu’une quinzaine de personnes.

Pierre Sorlut
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