Financement du théâtre

Du fric !

d'Lëtzebuerger Land du 18.11.1999

Pourvu qu'elle ne tarisse pas, la discussion publique sur le financement du théâtre - et donc, dans un sens plus large, de la culture en général - qui vient seulement de débuter (voir aussi d'Land 46/99). Dans une lettre ouverte, Christian Kmiotek (oui, c'est l'acteur, mais il ne le dit pas dans sa lettre, qu'il ne signe qu'en tant que « patron » c'est-à-dire président de la Theater GmbH, vice-président de la Kulturfabrik et trésorier de la Fédération luxembourgeois des théâtres professionnels) commente et redresse certaines affirmations de Guy Dockendorf telle que publiées dans un communiqué paru dans la presse quotidienne. Kmiotek rectifie surtout les chiffres, qui, après avoir soustrait les subsides alloués aux institutions communales ou nationales, ainsi que les aides extraordinaires, sont beaucoup moins impressionnants. Des 50 millions de francs dont aime à parler le ministère, il ne alors reste que 12 millions partagés entre une douzaine de petites troupes. Et le nouveau statut des intermittents du spectacle engendrera « des surcoûts administratifs et financiers » pour les théâtres. De deux choses l'une : soit les subsides seront augmentés la saison prochaine, soit « une réduction du volume de production serait inévitable, ce qui rendrait impossible la professionnalisation accrue des métiers théâtraux ». La gestion financière des entreprises culturelles, il connaît, e.a. par son premier métier à samsa film. Reste à espérer une réponse publique aux questions soulevées par la longue lettre ouverte, comme les acteurs culturels se posent aussi des questions fondamentales sur l'avenir du secteur. Tout en saluant l'initiative de passer à un système de subventions régulier dans le cadre des conventions, au lieu de l'habituel coup par coup, Christian Kmiotek s'inquiète comme beaucoup de ses confrères et consoeurs de la réalisation de cette bonne intention, comme le nouveau gouvernement a annoncé que le système des conventions sera soumis à une analyse critique généralisée.

josée hansen
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