Festival

Fantastic Gérardmer

d'Lëtzebuerger Land du 31.01.2020

Du 29 janvier au 2 février, la cité de Gérardmer accueille le 27e Festival international du Film fantastique. Des festivités qui se déploient chaque année dans le cadre sylvestre des Vosges, entre lac, monts et forêts. Seule la neige manque quelque peu au rendez-vous. Pour cette nouvelle édition, une riche programmation a été concoctée par l’équipe de la manifestation, rassemblant de nombreuses projections de films évidemment, mais aussi des rencontres littéraires, des concerts et des expositions en différents lieux de la ville.

Le jury des longs-métrages, composé de personnalités telles que Arielle Dombasle, la réalisatrice Alice Winocour (Augustine, 2012 ; Maryland, 2015) ou encore Jean-François Rauger, directeur de la programmation de la Cinémathèque de Paris, est présidé cette année par la cinéaste et actrice italienne Asia Argento. Celui-ci est amené à décerner trois récompenses : le Grand Prix, le Prix du Jury, ainsi que le Prix de la musique originale. Parmi les dix films en compétition officielle, issus majoritairement d’Europe, d’Amérique du Nord et du Japon, figurent Sea Fever, premier long-métrage que l’on doit à Neasa Hardiman. Frayeurs en haute-mer garanties, Jules Verne n’avait qu’à bien se tenir ! Autre premier long-métrage, l’hilarant Snatchers, du duo de réalisateurs américains Stephan Cedars & Benji Kleiman, a été présenté en ouverture du Festival. Le Canada est représenté avec le glaçant Répertoire des villes disparues, septième long-métrage de fiction de Denis Côté. Citons également la présence du film japonais Howling Village, du terrifiant Vivarium de Lorcan Finnegan, ou encore de l’excellent Blood Quantum, de Jeff Barnaby, qui convoque la présence des morts au sein d’une communauté amérindienne. Enfin, on ne manquera pas de voir The Room, une co-production franco-belge et luxembourgeoise signée Christian Volckman. De son côté, les membres du jury des courts-métrages, présidé par Benoît Forgeard, qui présentera à cette occasion son dernier film (Yves, 2019), passeront à examen cinq films : Boustifaille, de Pierre Mazingarbe, Dibbuk de Dayan D. Oualid, Figurant de Jan Vejnar (avec Denis Lavant dans le rôle principal), Nouvelle Saveur de Merryl Roche, et Tempus Fugit de Lorenzo Recio. Tous ces courts concourent pour le Grand Prix du court-métrage.

Parmi les autres temps forts du Festival de Gérardmer se tiendra une grande rétrospective de films, dont La Cité des enfants perdus (1995) de Jeunet & Caro, Blueberry (2004) de Jan Kounen, Sheitan (2006) de Kim Chapiron, La Nuit a dévoré le monde (2018) de Dominique Rocher, ou encore Les Particules (2019) de Blaise Harrison. La section « Rétromania » complète ce panorama avec quelques échantillons rares du cinéma fantastique : le chef-d’œuvre de Benjamin Christensen, Haxän – The Esoteric Cut –, puis Les Lèvres rouges (1971) de Harry Kümel et Le Crocodile de la mort (1977) le vendredi 31 janvier, que l’on doit à Tobe Hooper, cinéaste devenu célèbre depuis Massacre à la tronçonneuse (1974). Le samedi 1er février (11h45-13 heures), à la Maison de la Culture et des Loisirs (MCL) de Gérardmer, sera proposé au public une rencontre sur le thème « Fantastique français : en quête de l’imaginal », à laquelle participeront Olivier Assayas, Jean-François Rauger, Christophe Gans et Jan Kounen. En soirée sera organisé un hommage en présence d’une vingtaine de cinéastes invités dans le cadre de la rétrospective.

La nuit du vendredi 31 janvier sera dédiée au studio britannique de la Hammer Films, avec trois productions où le sexy se mêle à l’effroi : Dr Jekyll & Sister Hyde (1971), La momie sanglante (1971), ainsi que le dernier film sorti des studios de la Hammer : Une fille... pour le diable (1976) de Peter Sykes. Les spectateurs qui aiment veiller tard ne manqueront pas les projections de la section « Nuit décalée », où l’on pourra tantôt rire, tantôt frémir devant le film d’Arielle Dombasle Alien Crystal Palace (projection unique le vendredi 31 janvier), sans oublier Aquaslash de Renaud Gauthier et Satanic Panic de Chelsea Stardust (vendredi 31 & samedi 1er février), dans lequel une livreuse de pizza subit l’emprise d’une secte satanique... Le programme-cadre du festival propose concerts et expositions, pour une programmation qui a de quoi attirer les curieux et amateurs de tous les arts.

Programme complet : http://festival-gerardmer.com/2020/

Loïc Millot
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