Passer les vacances au Luxembourg

Le bonheur est dans le tout près

d'Lëtzebuerger Land vom 02.08.2013

Cette année, comme l’année dernière, comme l’année prochaine sans doute, c’est la crise. Alors pourquoi ne pas décider de passer les vacances au Luxembourg ? Pas au camping de Larochette, où vous risquez de vous croire aux Pays-Bas, mais chez vous, tout simplement. Sur le modèle des « locavores », qui ne mangent que des produits de leur région, on peut créer un modèle de « locavacanciers », qui font le choix de prendre leurs congés à domicile. Ce serait dommage de partir les deux seuls mois de l’année où le soleil brille.

Premièrement, vous réduisez votre empreinte carbone. Enfin, si tant est que vous n’enchaîniez pas les barbecues à un rythme trop effréné. Si vous l’aviez oublié, le ratio kilos de grillade / nombre de jours d’ensoleillement est aussi élevé que la proportion de voitures décapotables divisée par la température moyenne. Il reste quatre semaines pour se préparer pour le Barbecue World Championship, qui se tiendra cette année à Hoëdic et montrer à l’autre pays du cochon que le grand-duché n’est pas que le pays du secret bancaire et des services secrets. Des compétitions alternatives sont organisées au Maroc et aux USA, mais l’édition de Miami (surnommée le superbowl du porc) est déjà passée et la version marocaine laissera sans doute peu de place aux Thüringer et au Speck.

Ensuite, ce n’est pas une punition pour vos enfants, qui s’amusent autant à l’Aktioun Bambesch qu’au Miniclub de Hammamet. Ils vous ont même fabriqué un éléphant décoré avec des coton-tiges et du papier aluminium. D’ailleurs, comme dans les vrais villages de vacances, les municipalités locales ont prévu un calendrier d’animations pour occuper la moindre minute de vos congés. Meyouzik, Blues’n jazz rallye, streeta(rt)nimation, Rock um Knuedler et, bien entendu, summum du rendez-vous estival luxembourgeois, la Schuberfouer, une institution aussi incontournable que le cours de Zumba-fitness au Club Med ou le concours de pétanque de la « voile rouge » à la Madrague. La déco locale, elle aussi, est revue tous les ans. Cette année, après les vaches et les rennes, c’est au tour, justement, des éléphants en plastique de venir décorer les coins de rue.

Pendant que vos enfants transpirent dans les bois, vous pouvez traîner sur la place d’armes pour savourer le plaisir d’écouter (à défaut de voir) Lady Gaga et Rihanna se faire massacrer par toutes les fanfares de la grande région, qui, cette année, semblent avoir considérablement rajeuni leur répertoire. Rien de tel que quatre tubas, un hélicon et trois cors de chasse pour faire ressortir l’indigence musicale des nouvelles stars des années 2010.

Côté culture, l’open air cinéma vous donnera l’occasion de vous demander si vous préférez revoir pour la huitième fois un bon film, mais debout et attaqué par des moustiques, ou plutôt découvrir un navet de l’été, installé confortablement dans une salle climatisée de l’Utopolis.

Pourquoi ne pas également profiter des baignades à Remerschen ou Esch-sur-Sûre, où l’eau a la couleur de la Mer du Nord, la température de la Bretagne et la densité de population de la Méditerranée. Les moins téméraires opteront peut-être pour la piscine à vagues de Bertrange, où les risques de rencontrer une méduse sont proches de zéro.

Pour l’aventure, oubliez Costa-Croisières et partez plutôt sur le Marie-Astrid, au bord duquel les dangers viennent sans doute moins du capitaine que du cuisinier, surtout si vous reprenez quatre fois de la terrine de crevettes.

Et, surtout, pas de carte postale, pas de courrier à trier ni d’album photo à confectionner. Avec tout ce temps et cet argent économisés, vous allez pouvoir partir deux fois plus longtemps cet hiver.

Cyril B.
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