CD Did you D:qliq ? du D:qliq

Première bougie

d'Lëtzebuerger Land du 09.08.2007

La tradition veut que les anniversaires se fêtent. Pour sa première année d'existence, le D:qliq n'a pas dérogé à la règle. Voulant marquer le coup autrement qu'au travers de concerts et autres soirées – qui ont également eu lieu –, le responsable de la programmation, Fred Baus, nous a concocté une compilation retraçant ses coups de cœur de l'année écoulée. Intitulée Did you D:qliq ?? et sobrement sous-titrée « One year of great music » (hum !), l'objet est paru sur son (micro-)label Grand Duchy Grooves (fort discret ces derniers temps…) et uniquement disponible au D:qliq. Vingt morceaux, pour autant de concerts ayant marqué les esprits des responsables des lieux, reflètent finalement assez bien les options prises par la programmation durant la saison écoulée : une nette préférence pour une électronique assez « poppy », voire dansante d'un côté et de l'autre de la pop indie sous ses apparats folk, rock ou postrock, sans oublier quelques hybrides entre ces deux tendances générales. Évidemment, ce ne serait pas justice de limiter la programmation très éclectique, au demeurant, à l'image qu'en donne cette compilation, très éclectique sous le prisme de nations représentées. Quelques formations locales se sont glissées dans cette compilation, toutes satellites au D:qliq et s'y pro­duisant régulièrement comme Afur-nishedsoul (l'asexué et très prenant Le temps des cerises remixé par Loose Body Parts), Boy of the Bipolar Neighbor « aka » Fred Baus (tiens, tiens, …), Raftside (un Lovedrugs minimaliste aux paroles désenchantées et ultra-référentielles), Kuston Beater (Second hand sous haute influence RJD2 et DJ Shadow) ou encore Sugrcane (Loose your mind or whatever you loose, mantra electronica). Mais ce sont les formations internationales, qui une fois de plus, se taillent la part du lion. La  féconde Scandinavie place trois de ses représentants, dont deux en début de plaque avec EF et son postrock majestueux, puis l'intimisme désabusé très americana de Minor Majority, et plus loin, la pop jour de pluie de The Grand Opening. Le Québec, pas en reste, est défendu par le postrock dopé aux rythmiques séquencées de Below the Sea et la pop sur-vitaminée de Malajube (qu'on devrait revoir au D:qliq en automne…). L'estival et dansant Raindrops de Pitchtuner nous provient d'Allemagne (malgré des vocaux en japonais qui nous vouvoient), tout comme le très connoté 80's Young love de Slowtide. Les États-Unis montrent quelques-uns de leurs visages : tour à tour cinématique et grand espace avec Northern Song Dynasty (qui compte Jessica Bayliff dans ses rangs), délicat et mélancolique tel Barzin, ouaté et aérien comme Uzi [&] Ari ou the Album Leaf, voire  contemplatif et spatial comme Gregor Samsa. Les miettes restantes sont éparpillées parmi le Chili pour Kid Francescoli et sa pop synthétique cuivrée, les Belges de Raymondo pour leur ballade More than friends et la Suisse version electronica shoegazing de Sinner DC. Cette compilation s'écoute sans déplaisir et sans ennui, même si on se demande parfois où sont passées les étincelles. Comme le Luxembourg et le D:qliq, elle ne représente certes qu'un petit point sur une carte géographique et musicale, mais celui-ci se trouve à la croisée des échanges de toutes parts.  

 

David André
© 2017 d’Lëtzebuerger Land