Tarifs du GSM

Armistice

d'Lëtzebuerger Land du 29.06.2000

Finis les temps, où on pouvait espérer un tassement des tarifs du GSM au niveau de ceux de la téléphonie fixe. La mise en route du deuxième réseau, il y a deux ans, a certes donné lieu à trois round de baisses de prix. Mais depuis, c'est l'armistice. Les clients afflouent alors que LuxGSM et Tango se remplissent les poches. À un point que même les opérateurs sont surpris.

Il n'y a donc plus guère de mouvement sur le front des prix. La formule « home zone » - avec un tarif réduit quand on appel de chez soi - de Tango n'a pas fait d'étincelles. Mal comprise par les clients, elle pourrait toutefois être relancée. C'est d'ailleurs au seul niveau des formules d'abonnement qu'on peut encore s'attendre à des nouveautés. Même s'il y a en même temps une tendance à les réduire au minimum afin de ne pas trop décourager le consommateur. Côté service, on peut noter la possibilité offerte par Tango d'un accès à Internet via GSM à 38,8 Kb/s contre 9,6 jusqu'ici.

Parmi les plus gros succès des derniers mois comptent les cartes pré-payées. Sur cent nouveaux abonnés chez Tango, soixante utilisent aujourd'hui la formule sans abonnement Pronto. Chez LuxGSM la situation devrait être la même. Ce qui se retrouve aussi dans statistiques des nombres d'abonnés, 237 000 au total, qu'il faut d'ailleurs prendre avec un peu de précautions, justement à cause des cartes pré-payées. 

Tango affiche ainsi une part de marché de quarante pour cent: 94 000 abonnés fin mai. Côté LuxGSM (143 000 abonnés), les P[&]T sont seuls à offrir une carte prépayée, Tip Top. Ce qui explique que les chiffres de l'opérateur continuent à augmenter (quelque 49 000) alors que ceux des revendeurs Mobilux et CMD (tous les deux autour de 47 000) ont tendance à stagner.

Le temps de l'indépendance de ces deux entités est d'ailleurs révolu. Mobilux, au début un joint-venture entre les P[&]T et Millicom, est depuis le lancement de Tango une filiale à cent pour cent de l'entreprise publique. Celle-ci est depuis un an aussi présente dans le capital de CMD, participation qui va prochainement monter à 80 pour cent. Les revendeurs de LuxGSM, dont seulement deux ont survécu, étaient un moyen assez efficace pour les P[&]T de commercialiser les téléphones portables tout en s'assurant la majeure partie des bénéfices. 

Avec l'arrivée de Tango, cette efficacité à soufferte. Il s'agissait en fin de compte de sociétés assez petites et vulnérables. Et surtout, comme elles n'étaient que des revendeurs, leur marge de manoeuvre était des plus réduites. Être moins cher que les P[&]T n'était dans le temps pas vraiment un défi. Rivaliser avec les appels gratuits et les abonnements sans coût fixe de Tango ne leur était pas possible. 

CMD et Mobilux, longtemps concurrents, devront désormais collaborer. Ils auront ainsi bientôt un centre d'appels commun. Il sera intéressant de voir si leur flexibilité et leurs noms de marque seront utilisés par les P[&]T dans d'autres marchés, tels l'accès Internet voire, pourquoi pas, des appels internationaux moins chers que ceux des P[&]T.

En attendant, les réseaux GSM se sont découverts une nouvelle licence à imprimer de l'argent : les messages SMS. Très prisés par les jeunes, ils sont facturés au même prix qu'une minute d'appel le soir, mais ne représentent même pas un centième de la charge pour le réseau. Et avec les SMS tout marche. Tango croyait avoir trouvé un service intéressant et utile en offrant de se faire envoyer le programme des cinémas par SMS. Or, la demande la plus forte est plutôt à trouver du côté des services de se faire envoyer son horoscope ou, mieux encore, des « smilies », ces petites combinaisons de signes représentant des visages. Et dire qu'il y en a qui travaillent pour gagner leur vie. 

 

Jean-Lou Siweck
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