CD Oestrogene Overdose des Last Millenium Suckers

Mes ovaires m'appartiennent !

d'Lëtzebuerger Land vom 28.08.2003

«Vivons connes, vivons heureuses!» pourrait être la solution aux questions qui tracassent Jennifer, frontwoman, chanteuse et auteure des textes des Last Millennium Suckers, extraordinaire formation de punk-rock eschoise, qui, quatre ans après sa création et deux ans après Suck up your life, vient de publier son deuxième disque (cinq titres), Oestrogene Overdose. Extraordinaire par sa composition: quatre hommes - Dario et Patrick aux guitares, Giordano à la basse et Piedy à la batterie - autour d'une chanteuse, qui en est aussi l'auteure principale. Et qui chante contre la bêtise humaine («no brain, no pain!») - et celle des hommes, les mâles qui l'ont déçue. Extraordinaire aussi par son incroyable énergie, «I'm full of go!», pleine d'entrain, chante Jennifer dans le premier titre Standing Ovulations.

Par rapport à des titres plus anciens, par exemple The sucker in me is the sucker in you, publié e.a. sur la compilation de musique underground et alternative de Bloe Baaschtert, les Last Millennium Suckers ont gagné en confiance et en puissance. Ils s'affirment comme groupe punk de plus en plus rock, de plus en plus puissant, qui déménage. C'est incroyable mais vrai: Patrick (qui joue également dans les mythiques Toxkäpp) et Dario, parfois secondés par Steve, quand ils s'y mettent ensemble, qu'ils amplifient leurs riffs, soutenus par Giordano à la basse, vous font à nouveau aimer les guitares - en 2003! Ils ont quelque chose de cette énergie, de cette rage de vivre qu'on croyait perdue depuis les années 1980. 

Et ils ont de l'humour. Un groovy!  en sample placé comme une exclamation à la fin de Standing Ovulations, un extrait de dialogue de film («you can't stay, you're not welcome in my house! Go away now!») au début de Beggars can't be choosers ou le mauvais traitement infligé à la kitschissime Carmina Burana de Carl Orff dans O Fortuna! fonctionnent comme des clins d'oeil ironiques. Piedy aux drums donne le rythme, un rythme endiablé, qui peut changer d'une minute à l'autre, sans jamais diminuer pour autant. 

La voix de Jennifer s'est affermie aussi, elle semble avoir mûri, plus sûre d'elle, n'ayant plus peur de la triturer et d'essayer d'aller dans les basses pour envoyer balader son monde. 

Car, mine de rien, et bien que les Last Millennium Suckers ne se veuillent pas politiques au sens premier du terme, Oestrogene Overdose est un disque revendicatif, féministe même par endroits. Et c'est un disque encourageant, socialement engagé. Pour les mendiants par exemple, Jenny les interpelle, leur demande de vivre encore, malgré leur détresse - «you're mind's full of shit and death comes too quick, come on please just try again!». Et ça marche: après l'écoute du disque, on a une pêche d'enfer. 

 

Last Millennium Suckers: Oestrogene Overdose, édité par le label Winged Skull, est en vente pour 6 euros chez les disquaires; pour plus d'informations: www.backline.lu/lms ou www.wingedskull.cjb.net.

 

 

 

 

josée hansen
© 2017 d’Lëtzebuerger Land