Le temps court

Microcosmes

d'Lëtzebuerger Land vom 13.10.2017

À Bettembourg, l’ancienne ville de cheminots dirigée entre 1988 et 2004 par une majorité absolue réunie par Lucien Lux, le LSAP arrive en tête avec 39,6 pour cent des voix. Mais Roby Biwer s’est de nouveau fait court-circuiter par le CSV de l’ex-journaliste du Wort, Laurent Zeimet. Celui-ci aura besoin du DP et de Déi Gréng, menés par les deux députés Hinterblänkler Gusty Graas (DP) et Josée Lorsché (Déi Gréng).

À Differdange, Claude Meisch avait lancé sa carrière politique. Il avait 29 ans lorsqu’il devenait maire d’une ville dominée depuis un demi-siècle par le LSAP. Il se transformait illico en nouvel espoir du DP, une sorte de Macron de province. En 2005, il doublait le score de son parti, qui passait de 21 à 43 pour cent. Claude Meisch nommé ministre, Differdange devait passer aux mains de la famille, mais des querelles internes empêchèrent la rétro-transmission patrimoniale. Reconnaissant l’opportunité, les Verts firent défection et s’allièrent avec le LSAP, un sens du réalisme récompensé par le poste de maire. Ce dimanche, la domination de la dynastie Meisch a atterri dans les poubelles de l’histoire. La liste menée par le chanteur de variétés François Meisch, frère de Claude, est en chute libre. Elle dégringole de 22 points de pourcentage pour atterrir à douze pour cent. Le maire sortant, Roberto Traversini, a réussi à faire doubler le score des Verts, qui passe de 15 à 36 pour cent et gagnant quatre sièges.

À Dudelange, le bastion socialiste tient : Dan Biancalana y assure – de justesse – la majorité absolue. L’ADR fait son entrée au collège communal tout comme Robert Garcia, ancien député Déi Gréng et ex-directeur des Rotondes.

À Käerjeng, Yves Cruchten (LSAP) rêvait de prendre sa revanche sur Michel Wolter (CSV) qu’il accusait de lui avoir piqué la mairie en 2011. Mais l’ex-ministre Wolter (3 574 voix ; +40 pour cent) – qui s’est découvert une passion pour la politique locale – rafle la mise contre son concurrent Cruchten (2 694 voix ; +10,5 pour cent). Également grâce à la digestion des voix d’une liste citoyenne qui avait totalisé plus d’un quart des votes en 2011 dans le bourg de Clemency. Il y aura donc probablement une coalition noire-verte. Mené par le député souverainiste Fernand Kartheiser, l’ADR n’a pas réussi son entrée au conseil communal.

À Mondercange, Dan Kersch avait fait monter le LSAP au-dessus de la barre des cinquante pour cent en 2011. Son départ au gouvernement aura fait redescendre le score de son parti à 39 pour cent. Bien qu’étant toujours en tête, le LSAP perd la mairie, reprise par le CSV (+12 points de pourcentage) de Jeannot Fürpass avec l’assistance du DP.

À Pétange, Pierre Mellina (CSV), maire depuis 2004, se place confortablement devant son camarade de parti, le pharmacien et ex-ministre Claude Haldsorf. Le CSV règne en maître avec 41 pour cent. Le partenaire de coalition socialiste a perdu sept pour cent, et ne réunit plus que 22 pour cent. Les Pirates y ont réussi une de leurs rares percées, décrochant deux sièges (neuf pour cent). Ils font un meilleur score que le DP (qui n’arrive plus qu’à 4,8 pour cent) et, ne manquant pas d’ambition, se plaignent que le CSV ne les considère pas comme partenaire de coalition potentiel. Déi Konservativ, le parti créé par et pour Joé Thein, exclu de l’ADR pour ses dérives droitières, ne réunit que 2,4 pour cent des voix. La liste ressemble à un portrait de famille : Le fils Thein fils arrive en tête, suivi par son père et sa mère.

À Sanem, le LSAP se maintient comme premier parti, mais perd huit points de pourcentage. Georges Engel (LSAP) y est bourgmestre depuis douze ans. Les transfuges Myriam Cecchetti (Déi Gréng) et Jos Piscitelli (LSAP) avaient déserté leurs partis respectifs et rejoint Déi Lénk. Le duo a été élu au conseil communal, faisant doubler le score de la liste qui les héberge. À voir si, dans trois ans, les nouveaux convertis vont appliquer le principe de rotation et laisser leur place aux deux anciens conseillers Serge Urbany et Patrizia Arendt, relégués à la troisième respectivement à la quatrième place. Le CSV, qui a gagné 9,4 points de pourcentage se voit comme partenaire de coalition « incontournable »

À Schifflange, sans le cheminot Roland Schreiner parti à la retraite, le LSAP rassemble 38,4 pour cent des voix et n’a plus que quelques points de pourcent d’avance sur l’ancien partenaire de coalition junior, le CSV (37,2). Quant au président du CSV, Marc Spautz, il n’arrive qu’à la troisième position sur sa liste. Pierrot Feiereisen (CSV) travaille actuellement à une coalition avec les Verts. Ceci pourrait barrer la route à son frère Carlo Feiereisen (LSAP), qui se voyait déjà dans le siège de maire.

Bernard Thomas
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