Poussière d'ange

Droge maache futti

d'Lëtzebuerger Land vom 13.03.2003

Mais non, Youssi, non ! Il ne faut pas accepter de bonbons d'un étranger. Ton père, ta mère ne te l'avaient jamais dit ? Quand nous le rencontrons pour la première fois, Youssi, sous les traits angéliques de Paulo Cardoso, est un élève bien propre sur lui, qui, avec son sac à dos de premier de classe, attend sagement son autobus, le 12. Le méchant, c'est Hervé Sogne, il mâche quelque chose et Youssi demande : « Qu'est-ce que tu manges ? » Et hop !, le tour est joué, Youssi va devenir un dealer dangereux parce que le méchant monsieur, il mâchait « de la drogue ». C'est nul ? Vous n'y croyez pas une seconde ? Eh oui, c'est nul, mais c'est écrit avec la meilleure volonté du monde.

La scène est une des séquences filmées de Poussière d'ange, la pièce de l'auteur finlandais Jarkko Mikkola que Marie-Claire Junker a traduite et que Jacques Herbet a mise en scène ; elle se joue encore jusqu'au 30 mars au théâtre du Centaure. Le sujet de la pièce est « la » drogue. C'est l'histoire d'une mère, Rita (respectablement interprétée par Marie-Anne Lorgé), qui, un an après le suicide de « son ange », sa fille Leena (Sabrina Christophe) - emportée par la spirale de « la » drogue, qui mène du trafic et les mauvaises fréquentations jusqu'à la prostitution -, va essayer de se remémorer et nous raconter l'histoire de cette descente aux enfers. 

Si la pièce fonctionne par saynètes selon des techniques plus proches du cinéma que du théâtre - notamment celle du flash-back -, Jacques Herbet a choisi d'intégrer des séquences filmées. Ce qui lui permet à la fois de faire intervenir un plus grand nombre de protagonistes (ils sont une dizaine à apparaître sur l'écran) et d'expérimenter dans sa mise en scène (de voir p.ex. si la combinaison de deux formes d'expression peut fonctionner). 

Les scènes intimes entre la mère et la fille, parfois aussi le beau-père, celles qui fonctionnent en intérieur sont donc jouées en live, dans un décor sobre mais efficace de Jeanny Kratochwil (plusieurs couches de « voile » contribuant à donner un sentiment de profondeur de champ), alors que les scènes en extérieur sont filmées et projetées sur un écran. Or, les sé

josée hansen
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