CD Fingerprints de Daniel Balthasar

Les contours d'un artiste prometteur

d'Lëtzebuerger Land vom 08.12.2005

À quoi peut-on s'attendre lorsqu'on est invité à la présentation du nouveau poulain de la maison WPR ? À une soirée jazzy ? Non, cette fois-ci, Gast Walzing avait convié la presse luxembourgeoise à une soirée-concert du nouveau signé, Daniel Balthasar. Ce jeune artiste luxembourgeois n'est pas un inconnu de la scène. Il s'était déjà fait un nom avec le groupe Blue Room, où il a déjà joué de nombreux concerts avant de se tourner vers une carrière solo. Ce pas, il l'a franchi lorsqu'il a sorti son premier album solo Fingerprints. Franc succès auprès de la presse tout comme auprès du public. Daniel Balthasar est certainement l'un des artistes luxembourgeois les plus diffusé sur les ondes luxembourgeoises. Ce n'est donc pas un hasard que l'incontournable Gast Waltzing l'ait pris sous son aile, sachant toujours vers où tourner ses investissements. Et l'entreprise est de taille, parce que les espoirs portés dans ce jeune artiste sont grands aussi. Le deuxième opus de Balthasar tentera une vie au-delà de nos frontières. Pour l'instant la Suisse, l'Autriche et les pays du Benelux, sont dans la ligne de mire du producteur. À quel avenir un jeune artiste luxembourgeois à l'âme rockeuse peut-il s'attendre ? D'après les dires de Gast Waltzing, tout sera mis en œuvre pour que l'album ait une vie à l'extérieur du cocon luxembourgeois. Cette attente, partagée par beaucoup de musiciens et d'artistes issus de la scène nationale, n'a malheureusement pas encore été assouvie. Il est très rare qu'une production luxembourgeoise dépasse nos frontières et trouve son public à l'étranger. À quoi cela tient-il ? N'avons-nous pas d'artistes talentueux ? Ou bien le réseau n'est-il pas encore assez structuré ? Gast Waltzing va peut-être nous prouver le contraire. Les réseaux et les connections, il les a. Et son poulain a certainement une bonne dose de talent. C'est ce qu'il nous a prouvé mercredi dernier au Melusina. Toute la presse luxembourgeoise était invitée pour goûter, en live, à la deuxième œuvre de Daniel Balthasar. Lors de la présentation officielle, Gast Waltzing était fier de ne pas présenter un nouvel artiste issu de la scène jazz luxembourgeoise, mais un auteur-compositeur poprock. Après un court discours du producteur, les journalistes présents pouvaient questionner l'artiste et les musiciens. Mais on voyait bien que la pression montait chez les artistes, puisque le public se pressait devant la scène et s'impatientait déjà. L'ambiance fut donnée tout de suite. Les jeunes filles attendaient avec zèle leur star et leur accueil fut plus que chaleureux. Le public était très mélangé, toutes les générations confondues étaient représentées. Daniel Balthasar et ses musiciens n'avaient plus qu'à persuader le public que Outlines valait le détour. Dès les premières notes, on a pu constater que le jeune garçon, quoique un peu nerveux, avait envie de se trouver sur cette scène. Il semblait fier et content de présenter ses nouvelles compositions, dont il dit lui-même qu'elles sont représentatives de ce qu'il est et de ce qu'il ressent, aujourd'hui. Des chansons douces, mélancoliques, qui tendent parfois aux sonorités rock. Le public, en tout cas, lui semblait acquis. Les jeunes filles connaissaient déjà une grande partie des nouvelles chansons par cœur, et chantaient à l'unisson avec leur idole. À en croire les rumeurs qui couraient dans la salle, Daniel Balthasar a toujours été le chouchou de ces demoiselles, déjà à l'époque du lycée. Et c'est ce qui en ressort, de cette bonne heure de concert. Le jeune homme sait jouer avec son public, le charmer avec sa voix douce, avec sa timidité et surtout avec des chansons au son pop, prêtes à être jouées sur les ondes de nos radios. Mais tout en convainquant avec ces nouvelles compositions (et les quelques hits connus de son premier album), il manque quelque chose pour que la soirée reste gravée dans nos mémoires. Peut-être une attitude plus rock ? À force de se dévoiler à son public, on avait parfois trop l'impression de se retrouver à un concert de villages, où le chéri de ces dames viendrait se produire au bal du dimanche soir. Daniel Balthasar et ses musiciens sont certes très professionnels, mais peut-être qu'ils le sont trop. La mise en scène donne un sentiment de figé, les musiciens ne semblant pas trouver leur place sur la scène. Ils sont tous d'excellents musiciens qui maîtrisent à la perfection leurs instruments. Mais il manque peut-être ce grain de folie pour que la magie se crée et pour que les sentiments exprimés à travers les textes de l'auteur/compositeur touchent le public autant qu'ils le devraient.

 

 

Joanne Goebbels
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