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édito
O captain ! My captain !
Bernard Thomas
« Schwaarz-Blo hätt keng Majoritéit méi », titre rtl.lu ce mardi. La Sonndesfro fait lever un vent de panique au CSV, auquel elle prédit une perte de six mandats parlementaires. Alors certes, calculer les sièges est un exercice de politique-fiction que l’arbitraire du panachage et des Reschtsëtz (quatorze, en 2023) rend illusoire. Mais la tendance (moins huit pour cent par rapport aux dernières élections) est cruellement claire, marge d’erreur ou pas. Le CSV finit aux alentours de vingt pour cent, au même niveau que le LSAP et le DP. Au sein du CSV, on entend différentes lectures du sondage. Les uns y voient la preuve que les Luxembourgeois restent attachés au modèle social (qu’incarne la Tripartite) et réfractaires à la posture de CEO. L’aile wirtschaftsliberal du parti pointe, elle, la déception qu’a suscitée, auprès d’une partie de la base électorale, la capitulation du « neie Luc » devant les syndicats. Luc Frieden n’a pu satisfaire les attentes qu’avaient placées en lui les milieux patronaux. Que ce soit sur les retraites, les conventions collectives ou la santé, il a dû reculer. Certains n’apprécient pas le Premier ministre pour avoir voulu lancer ces réformes, d’autres ne l’apprécient pas pour y avoir renoncé. (D’autres encore ne l’apprécient pas, tout simplement.) Bref, Luc Frieden perd sur tous les tableaux. Sa psychorigidité et son orgueil, sa maladresse et ses tergiversations n’arrangent rien. Face à un partenaire de coalition agile et redoutable, Luc Frieden apparaît comme ee Vull fir d’Kaz. Cela fait plus de douze mois qu’il se voit entraîné dans cette spirale négative, et aucune sortie vers le haut n’est en vue.
C’est humilié et affaibli que le Premier ministre entre dans une Tripartite qu’il n’avait pas voulue et dont il maîtrise mal la mécanique. Pour compliquer l’équation, rien n’est clair : Ni l’ordre du jour, ni l’enveloppe budgétaire, ni les prévisions du Statec. « La réalité est que nous ne savons pas aujourd’hui ce qui arrivera demain », concède le directeur de l’institut statistique cette semaine sur RTL-Radio. (Le « scénario central » prévoit deux tranches en moins de douze mois, la première en juin 2026 et l’autre au deuxième trimestre 2027.) Nora Back et Patrick Dury pourraient encaisser un échec tripartite ; pour Luc Frieden en revanche, ce serait la Bérézina. Si quelqu’un a besoin d’un accord, c’est lui. Les leaders syndicaux le savent et font monter les enchères, espérant ainsi rouvrir le dossier du salaire social minimum, hâtivement évacué par le gouvernement. C’est avec aplomb qu’ils sont entrés dans le round préliminaire, avançant des revendications maximalistes, tout en maintenant la pression dans la rue. Cette stratégie a de bonnes chances de réussir. Luc Frieden se voit contraint de racheter la paix sociale, probablement à crédit. Quitte à briser le plafond de la dette : Forty is the new thirty. Quant au DP, il pourra choisir son spin. En cas de succès, ce sera le mérite de Xavier Bettel. En cas d’échec, ce sera la faute de Luc Frieden. Être numéro deux a aussi du bon.
Le CSV se sent dupé par le DP qui sort, de nouveau, gagnant du sondage. Les frustrations s’accumulent, et les tacles contre les ministres libéraux devraient se multiplier au cours des prochains mois. Mais le vrai problème du CSV s’appelle Luc Frieden. Pour 2028, le parti a lié son destin à celui du Premier ministre, en confirmant celui-ci au poste de président du parti. Une bien mauvaise idée, selon Michel Wolter (qui avait lui-même lorgné vers ce poste). « Wann de Premier schlecht Wäerter kritt, kritt och d’CSV schlecht Wäerter », lâche-t-il cette semaine sur Radio 100,7. Alex Donnersbach, secrétaire général du CSV et fidèle parmi les fidèles, rame au secours du capitaine à la dérive : « Ech menge, mir hu mat dem Premier Minister Luc Frieden ee klore Leader », assure-t-il sur RTL-Radio. Le parti devrait se recentrer sur la sécurité, le logement et la compétitivité. Sans oublier le fameux « pragmateschen Ëmweltschutz » (Martine Hansen aura apprécié ; Serge Wilmes sans doute moins).
La nervosité est montée d’un cran parmi les 21 députés chrétiens-sociaux, chacun se demandant s’il figure parmi les six potentiels perdants. Mais tout le monde est conscient qu’évoquer ouvertement la question de la succession ne ferait qu’aggraver la crise. La révolution de palais n’est donc pas pour demain. Quant à Gilles Roth, il prend une douche froide. La réforme fiscale, son sésame pour 2028, provoque le scepticisme ; 44 pour cent des sondés estiment que ce ne serait pas « le bon moment ». (Il faut dire que le libellé était légèrement suggestif : « Wéineg Wuesstem, héije Chômage, Krich an Energiekris : Ass et de richtege Moment [etc]. ») L’encombrante question de la Spëtzekandidatur est donc loin d’être résolue, tant au LSAP qu’au CSV. Un boulevard s’ouvre devant Xavier Bettel.
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