Le club des chômeurs

Gods of low budget

d'Lëtzebuerger Land vom 24.10.2002

Il ne pouvait pas ne pas en parler. Bien sûr qu'il a pensé à son projet d'adapter à l'écran Superjhemp, le héros de bande dessinée le plus authentiquement luxembourgeois, lorsqu'il a fait incarner ce personnage à Petz dans Le club des chômeurs. Avec un recul de deux ans après le refus du dossier de demande de soutien par le Fonds de soutien à la production audiovisuelle, Andy Bausch le raconte sans ambages, mais avec une certaine amertume toujours, dans une des nombreuses séquences bonus sur le DVD du Club, en vente depuis peu. Ce sont ces petites séquences qui rendent le DVD à quelque 30 euros nettement plus attractif que la cassette VHS. Car au-delà de la sympathique comédie, on y a la possibilité d'avancer plus loin dans l'«univers bauschien», qui a tout l'air d'être une grande famille un rien chaotique. 

«May the force and the gods of low budget be with you,» dit un des intertitres dans le making of, où l'on accompagne Andy Bausch et Serge Tonnar dans la minuscule cave-studio enfumée de Thierry Kinsch pour l'enregistrement de la musique, les costumières dans les séquences d'essayage des costumes, la coiffeuse qui teint les cheveux de Marco Lorenzini ou l'équipe de tournage sur les multiples tests. À ne pas rater non plus, les séquences initialement prévues dans le script mais finalement coupées au montage. Tout cela a un goût de système B comme bidouillage, vu le budget rikiki du film, il fallait trouver des solutions cheap pour en faire quelque chose qui ait l'air professionnel. Après les 40000 spectateurs en salles, les versions vidéo et DVD semblent bien parties pour devenir des records de vente dans le rayon Films made in Luxembourg.

Or, même ce succès ne suffit pas pour amortir les frais d'un long-métrage de fiction, le potentiel de public luxembourgeois étant tout simplement trop réduit. Voulant enchaîner sur le succès du Club des chômeurs, Andy Bausch et son producteur Nicolas Steil d'Iris Production essaient donc de ratisser plus large pour le sequel, la suite des incroyables histoires des joyeux drilles autour de Thierry van Werveke et Myriam Muller. La revanche des chômeurs, qui sera tourné au printemps prochain, vise le public de la grande région avec une histoire annoncée comme multikulti. De nombreuses possibilités de parrainage et de sponsoring - à consulter sur le site Internet du distributeur, Paul Thiltges - doivent permettre de contribuer à son (pré)financement. Dans sa note d'intention, Andy Bausch affirme vouloir dresser, dans cette suite, un portrait du «nouveau Luxembourg», celui d'après la crise de la sidérurgie, avec une société en pleine mutation. Les chômeurs y auront trouvé du boulot et fondent un club de football.

 

 

 

 

josée hansen
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