Ticker du 19 novembre 2021

d'Lëtzebuerger Land du 19.11.2021

Härgotts Medezin

Wenn am Samstag die Luxemburger Weinproduzenten sich zur offiziellen Eröffnung der 16. Fête des vins et crémants im Festzelt auf dem Glacis treffen (siehe Seite 20), wird es das Gesprächsthema sein. Gleich sechs Abgeordnete drei von der CSV und jeweils eine/r von LSAP, déi Gréng und Piraten, fast alle aus dem Osten, wollten von der Regierung wissen, wieso in dem Schengen Lounge getauften Restaurant des Luxemburger Pavillons auf der Weltausstellung in Dubai nicht nur Luxemburger Weine und Crémants, sondern auch „fremde“ Produkte angeboten werden. Soviel Druck veranlasste Wirtschaftsminister Franz Fayot (LSAP) dazu, am Dienstag in öffentlicher Sitzung Stellung zu beziehen. Er selbst habe bei seiner Dubai-Reise im Oktober in der Schengen Lounge bei 30 Grad Außentemperatur Kniddelen gegessen und habe sich darüber gefreut, sie mit einem kühlen Glas Luxemburger Wein nicht herunterzuspülen, aber degustieren zu können, meinte der Minister (Foto : sb). Dass neben luxemburgischen Weinen auch Produkte aus anderen Ländern auf der Getränkekarte stehen, liege daran, dass die für den Pavillon zuständige wirtschaftliche Interessengruppe Luxembourg@Expo 2020 Dubai, dem neben der Regierung auch Handelskammer, Post und SES angehören, aus „kommerziellen und reglementarischen Gründen“ den Betrieb der Schengen Lounge an die Hotelgruppe Jumeirah ausgelagert habe, die im Besitz der Herrscherfamilie von Dubai, Al Maktum, ist. In den Verhandlungen mit Jumeirah habe das GIE darauf bestanden, dass Moselweine angeboten werden, konnte aber – anders als Frankreich und Italien – kein Exklusivrecht für einheimische Produkte durchsetzen, erläuterte Fayot. Die Auswahl der Luxemburger Weine erfolgte 2016 bei einem Blind-Tasting, bei dem von 106 Testproben sechs zurückbehalten wurden. Von jeder dieser Sorten wurden 600 Flaschen bestellt und nach Dubai ausgeflogen. Bislang habe sich noch kein Weinimportateur aus den Vereinigten Arabischen Emiraten für den Miseler Wéngchen interessiert, sagte Fayot, was wohl auch daran liege, dass die Einfuhr von Alkohol in den muslimischen Staat mit Importabgaben von bis zu 400 Prozent belegt sei. Luxemburger Weine machen 60 Prozent des Angebots in der Schengen Lounge aus, 40 Prozent stammen aus anderen Ländern. ll

Indirekte Pressehilfe

In einer parlamentarischen Anfrage wollte der Piraten-Abgeordnete Marc Goergen von Medienminister Xavier Bettel und Finanzminister Pierre Gramegna (beide DP) wissen, wieviel Geld die einzelnen Ministerien und Verwaltungen seit 2014 für Anzeigen in Print- und Online-Zeitungen und im Radio ausgegeben haben. Als Antwort lieferte Staatsminister Bettel eine auf den ersten Blick ausführliche und detaillierte Tabelle. Daraus geht wenig überraschend hervor, dass die auflagenstärkste Zeitung Luxemburger Wort, die auch die meisten Seiten produziert, seit 2014 jährlich Anzeigen im Gegenwert von 205 000 bis 245 000 Euro vom Staat erhalten hat. Für das Tageblatt liegt der Betrag zwischen 102 000 und 157 000, für die Zeitung vum Lëtzebuerger Vollek zwischen 95 000 und 114 000 Euro. Es folgen Le Quotidien und Lëtzebuerger Journal (bis 2020), die in etwa gleich viel bekamen. D’Land liegt bei 28 000 bis 40 000 Euro jährlich und erhielt bis 2017 in etwa den gleichen Betrag wie die Woxx. Seit vier Jahren sind die Anzeigen in der Woxx jedoch zurückgegangen. Auffällig ist, dass im Wahljahr 2018 der Betrag für fast sämtliche Veröffentlichungen mehr als doppelt so hoch war, wie in anderen Jahren. Im Corona-Jahr 2020 ist der Betrag für die Tageszeitungen trotz Informationskampagne nur leicht gestiegen, für die Wochenzeitungen ist er hingegen stark gesunken. Erhielt d’Land 2019 noch Anzeigen im Gegenwert von rund 32 000 Euro, war es vergangenes Jahr nur noch etwas mehr als die Hälfte. Insgesamt ist der Betrag, den der Staat für diese indirekte Form der Pressehilfe ausgibt, in den vergangenen Jahren jedoch stabil geblieben. Die Gratiszeitung L’Essentiel, das Radioimperium von RTL und ihre jeweiligen Internetseiten sowie die Magazine Revue und Télécran sind in der Tabelle des Staatsministers nicht aufgeführt. Auf Land-Nachfrage erklärt ein Sprecher von Bettel, das liege daran, dass das Staatsministerium nur Informationen zu den Anzeigen habe, die zentralisiert vom Service information et presse der Regierung getätigt wurden. Informationen über Anzeigen, die separat von einzelnen Ministerien in Auftrag gegeben wurden, lägen dem Staatsminister nicht vor. ll

Effet boomerang 2

Un ancien client russe de la banque Edmond de Rothschild prépare une plainte pour déni de justice contre l’État luxembourgeois. Sergey Bogdanchikov, ancien CEO du pétrolier Rosneft, s’est retourné en avril 2017 contre l’établissement financier. Il accuse la banque privée, alors établie au Limpertsberg, d’avoir laissé son responsable du marché russe, Carlo Thewes, placer de l’argent dans son dos. Sergey Bogdanchikov estime avoir perdu 81 millions de dollars dans des investissements frauduleux réalisés entre 2001 et 2016, en sus des douze millions de commissions payées à la banque. L’ancien cadre de Rosneft y avait déposé 155 millions d’euros pour les sécuriser (d’Land, 6.11.2020). « Nearly 5 years after the criminal complaint was filed there doesn’t seem to be any progress in Luxembourg’s criminal investigation and we still don’t have access to Luxembourg criminal file », dit au Land cette semaine Alexey Bogdanchikov. Le fils de Sergey, qui a repris le dossier en main, explique « n’avoir d’autre choix » que de poursuivre le Luxembourg pour déni de justice. Le travail juridique est en cours d’élaboration, poursuit-il. Ces déclarations interviennent quelques jours après la parution d’un article de Bloomberg sur les poursuites judiciaires entreprises en octobre 2020 contre des intermédiaires financiers américains, des maillons déterminants du système de placements douteux (saupoudré de généreuses rétrocommissions) mis en place par le banquier luxembourgeois. La partie russe a été déboutée au motif que la banque incriminée a son siège au Grand-Duché. « We are considering an appeal », réplique Alexey Bogdanchikov. Dans un statement à l’agence de presse financière, il estimait : « New York court has shone a clear spotlight on the blatant inaction of the Luxembourg authorities over the past five years. We will continue to seek full compensation from Bank Edmond de Rothschild despite this court ruling on technical grounds. » En mars, le parquet avait informé le Land que « le dernier rapport de police judiciaire est entré au cabinet d’instruction le 15 décembre 2020 ». En Suisse où Edmond de Rothschild a son siège, la plainte de Sergey Bogdanchikov a été classée sans suite. Là encore, la justice a refusé de statuer tant que le Luxembourg n’a pas bougé. Selon Alexey Bogdanchikov, le Tribunal fédéral de Lausanne a annoncé que si des actes de blanchiment étaient condamnés au Grand-Duché, alors la responsabilité de la maison-mère pourrait être considérée. En mars, la banque avait fourni la réponse suivante : « Le groupe Edmond de Rothschild ne fait pas de commentaire et confirme que le respect des exigences légales et règlementaires figure au premier rang de ses priorités et de celles de l’ensemble de ses collaborateurs ». pso

Il faut sauver le soldat Lutgen 2

La douzième chambre du tribunal correctionnel, présidée par Marc Thill, examinera la semaine prochaine l’affaire Lutgen, du nom de l’avocat pénaliste poursuivi par le ministère public pour avoir intimidé et outragé un juge d’instruction, en l’espèce Filipe Rodrigues. Est notamment reproché à André Lutgen d’avoir envoyé en 2019 un courriel au procureur général Martine Solovieff (avec deux ministres en copie) pour hâter une procédure de levées de scellés pour l’un de ses clients, Arcelor-Mittal. Le 29 juin, lors de la première audience tenue devant la septième chambre et le juge Stéphane Maas, la Bâtonnière avait parlé au nom de la profession : « Ce procès contre un avocat prévenu dans l’exercice de sa profession inquiète particulièrement le barreau dans la mesure où aucune infraction n’a été retenue d’un point de vue déontologique à l’encontre de notre confrère » (d’Land, 2.7.2021). Le procès a fini en eau de boudin avec un acte de récusation du juge, qui a contraint Stéphane Maas à se désister de lui-même au nom de la sérénité de la justice. Lors des deux premières audiences, les avocats avaient manifesté leur soutien en occupant toute la place possible dans la grande salle. Cette semaine, l’association des avocats pénalistes bat une nouvelle fois le rappel. « Nous espérons vous voir à nouveau nombreux pour montrer notre soutien à notre membre », écrit Philippe Penning, le président de l’Alap. On verra mardi à 9 heures (salle TL1.10). pso

Le banquier catalan fixé en janvier 

Suite et fin du procès du banquier catalan de SGBT qui avait été condamné par défaut en en 2016 à six ans de prison pour avoir détourné des dizaines de millions d’euros (d’Land, 22.10.2021). En opposition au premier jugement, la défense du banquier a plaidé l’acquittement simple, « sinon l’acquittement pour doute raisonnable », explique François Moyse. L’avocat s’appuie sur un revirement de l’expert, l’analyse de la police calquée sur le rapport rendu par la banque, des « contradictions et mensonges » des « ‘victimes’ qui n’ont pas déféré aux citations à témoin devant le tribunal et qui n’ont donc pas fait de déclaration sous serment ni d’ailleurs les principaux employés tels que l’ancien administrateur Vincent Decalf », proche du prévenu Francisco de Borja (nom tronqué par la rédaction). Le substitut du procureur, Guy Breistroff, requiert, comme en 2016, une peine de six ans d’emprisonnement, cette fois possiblement avec du sursis, ainsi que 200 000 euros d’amende. Le tribunal se prononcera le
19 janvier prochain. pso

Kachkéis transnational

Les députées Déi Lénk Myriam Cecchetti et Nathalie Oberweis s’inquiètent d’une OPA française sur le « Kachkéis ». Elles citent un article paru dans L’Est Républicain, selon lequel l’Association de promotion de la cancoillotte, fondée par des producteurs haut-saônois, serait en passe d’obtenir de la Commission européenne une indication géographique protégée pour « leur » cancoillotte. L’initiative remonterait à 2015 et aurait le soutien du gouvernement français. Cecchetti et Oberweis appellent le ministre de l’Agriculture à s’opposer à un tel accaparement nationaliste sur le Kachkéis, « produit transnational dont les origines historiques sont bien antérieures aux frontières actuelles de nos pays ». Si le gouvernement ne réagissait pas, les producteurs luxembourgeois de cancoillotte seraient en effet interdits d’utiliser ce terme pour commercialiser leur produit. bt

Bernard Thomas, Pierre Sorlut
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