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Édito

Plouf !

Bernard Thomas

Les sondages leur promettaient cinq sièges, voire sept. Mais la start-up pirate a raté son scaling en octobre. La stagnation électorale a exacerbé les tensions. Cette semaine, le parti s’est désagrégé. Le troisième député, Ben Polidori, a préféré prendre le large, évoquant « un environnement de travail instable et conflictuel ». Au début de son mandat, il se voyait encore comme « man in the middle » entre les rivaux Marc Goergen et Sven Clement. Ceux-ci se retrouvent donc au point départ, toujours coincés dans un mariage forcé. Mais cette fois-ci, le député sudiste n’hésite pas et tire la première salve. Il s’improvise ventriloque de Polidori : « Ben kommt nicht mit Sven klar », explique-t-il au Wort. Et d’insinuer : « wie er seine Firmen einbringt, wie er mit Parteigeldern umgeht ». Dans le Tageblatt, il spécule même que si la Parteileedung avait dû choisir entre Polidori et Clement, elle aurait probablement choisi Polidori. (Dans la tradition luxembourgeoise des notables politiques, ce dernier annonce garder son mandat, largement gagné grâce aux suffrages de liste ;
il devrait rejoindre le DP ou le LSAP.)

Les Pirates ont beau évoquer une « réforme des statuts » en cours. Mais le dentifrice est sorti du tube. Les deux députés restants se livrent à un divorce aussi moche que public. Trop de rancœur trop longtemps contenue. Le groupe parlementaire des Pirates a de facto éclaté, Goergen annonçant qu’il séparera sa comptabilité et son personnel de ceux de Clement. Pendant des années, il s’était contenté du second rôle. Aujourd’hui, il s’exclame dans le Wort : « Vor allem hat er [Ben Polidori], wie ich übrigens auch, das Gefühl, dass wir Mitarbeiter von Sven sind aber keine gleichberechtigten Partner ». Clement s’est toujours présenté comme entrepreneur en politique. « Mit den sechs Mitarbeitern in der Fraktion komme ich auf 18 Angestellte, die mir operativ unterstehen », se targuait-il en 2021. Ce qui complique sa relation avec Goergen, c’est que ce dernier a été son salarié chez Clement & Weyer Consulting entre 2016 et 2017. (Quant à l’agence de Goergen, qui s’occupait de la mise en page de bulletins communaux, elle a fait faillite en 2019.) Goergen cherche-t-il à purger le chouchou des médias et à s’approprier la franchise pirate (même si sa valeur s’est effondrée depuis les législatives) ? Ce serait la seule explication (politiquement) rationnelle à ses sorties récentes.

On ne peut que s’étonner du silence de Clement qui n’a pas (encore) ouvertement répliqué à son rival. Peut-être qu’il pressent qu’une telle escalade mutuelle ferait définitivement sauter le parti. Peut-être qu’il craint que son assise au sein du parti est trop fragile. Clement avait eu l’imprudence de laisser Goergen s’occuper de la boutique. Alors que le premier menait une vie de jet-setteur parlementaire (s’envolant à diverses assemblées interparlementaires, dont celles de l’espace et de l’Otan), le second assurait le boulot sur le terrain. Il encadre aujourd’hui les vingt mandataires communaux qui constituent le nouveau centre de gravité du parti. Si Goergen se lance ainsi dans l’offensive, c’est qu’il s’estime assez fort pour s’imposer. Clement vient de trébucher sur une histoire qui remonte à la Piratepartei des origines, celle des techies solutionnistes. Dans son communiqué de lundi, Polidori se réfère pudiquement aux « récents événements », c’est-à-dire à l’affaire Malt (pour « Mobile assisted language tool ») dont on n’aura pas fini de parler. Elle remonte à 2016-2017, et fait apparaître le parti comme succursale de Clement & Weyer Consulting. L’Inspection générale des finances (IGF) a commandité un audit sur le développement de cette application de traduction, qui avait été financée par l’Office national de l’accueil (ONA) grâce à des fonds européens. Qu’un parti politique se mette à développer des apps pour l’État, voilà ce qui, en soi, est assez curieux (et entretemps interdit). Qu’un parti le fasse en sous-traitant le travail à des boîtes appartenant à ses membres (en commençant par Clement himself, dont la firme a touché 37 400 euros), voilà ce qui est carrément malhabile. Surtout pour un parti qui aime se présenter comme le Monsieur Propre de la politique luxembourgeoise.

Le jeune parti se serait lancé dans le projet Malt par idéalisme, voulant faire preuve de solidarité pendant la crise migratoire, se justifie Clement. Et d’assurer qu’il n’aurait pas fait de marge sur ce projet. (Les développeurs et designers, quasiment tous affiliés au parti, ont facturé cinquante euros par heure prestée, ce qui, en effet, est loin d’être exorbitant.) Or, les différents prestataires ont aussi présenté des « frais d’équipement », dont l’ONA dit aujourd’hui ne pas comprendre « le lien avec la réalisation du projet », comme l’achat de 110 clés USB, d’un iMac ou d’un iPhone 7. Le parti se déchire à cause de l’argent : Pressuré par l’IGF, l’Ona exige que les Pirates lui remboursent la coquette somme de 92 316 euros. Marc Goergen estime que ce serait à Clement et Weyer de payer l’ardoise. Les mandataires locaux, dit-il, seraient de son côté : « Nous n’allons pas payer avec nos jetons ».

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