Travaux à Esch-Belval

Urgences

d'Lëtzebuerger Land du 06.03.2003

«Hors service depuis des années maintenant et sujets aux intempéries, les deux hauts fourneaux de Belval se dégradent avec le temps qui avance, créant une source inadmissible de dangers,» estiment les auteurs du projet de loi n°5101 « relatif aux travaux préparatoires en vue de la réalisation d'un centre national de la culture industrielle sur le site des hauts fourneaux à Belval-Ouest» (p. 8 de l'exposé des motifs). Éteintes depuis juillet 1997, les constructions destinées à une production quotidienne et une révision tous les sept ou huit ans, qui devraient constituer le coeur même de la nouvelle ville de Belval-Ouest après la reconversion de la friche, sont mangées par la rouille et risquent de s'effondrer. Le projet de loi, déposé le 17 février dernier, a donc comme mission prioritaire et urgente d'enclencher enfin le processus de sauvetage et de stabilisation des deux bâtisses; 5,5 des quelque 14 millions d'euros prévus pour tout le projet sont destinés à cette seule fin. 

Une fois la loi votée, le Fonds Belval en sera l'exécutant, tout comme il est responsable des autres équipements majeurs à réaliser sur le site d'Esch-Belval. Dont, prioritairement la Salle de musiques amplifiées (anciennement Rockhal), pour laquelle le projet de loi est en discussion, et le nouveau bâtiment pour les archives de l'État, pour lequel un concours restreint d'architecture a été lancé en début de cette année. Pour la société de développement Agora (constituée à parts égales par l'État et par Arbed/Arcelor), le rôle de l'État est essentiel dans un futur proche, lorsque de nouveaux investisseurs auront à se décider s'ils veulent s'implanter dans cette ville nouvelle. Selon le directeur d'Agora, Ulrich Hellweg, un engagement ferme et enthousiaste de la main publique pourrait provoquer un véritable effet de domino. Tout comme, du côté des investisseurs, le feraient la banque Dexia-Bil et le cinéma Utopolis, les deux seuls dont les noms soient officiels.

Alors que les travaux viennent de commencer sur la friche - transfert de l'infrastructure ferroviaire qui sert encore à Profil-Arbed et déblayement des vestiges restants sur le futur emplacement du bâtiment bancaire, à l'ombre des hauts fourneaux justement -, Agora engage elle aussi une phase plus offensive. Le mot d'ordre actuel semble être communication. Publication d'une plaquette d'information sur Esch-Belval, lancement d'une newsletter haut de gamme (Agora Forum) distribuée toutes boîtes à Esch et Sanem, réaménagement du site Internet, présence aux foires spécialisées (Cannes, Luxembourg, Munich...), installation dans de nouveaux bureaux, sur la friche elle-même, dont l'inauguration a lieu ce soir. 

Et, pour le grand public local, Agora ouvre grand ce site mythique de la sidérurgie au Luxembourg en invitant à une journée portes ouvertes ce dimanche, 9 mars, de 10 à 17 heures. Tous ceux qui auraient raté les deux productions théâtrales (Diener zweier Herren et Frankenstein, saison 2000-2001) ou les visites organisées il y a deux ans par le Mouvement écologique, devraient s'y précipiter, l'expérience est vraiment impressionnante. Rouler en bus sur les paysages désertiques ou dans le gueule des molochs que sont les hauts-fourneaux, bref, assister à la  naissance d'une nouvelle ville ne se reproduira pas de sitôt. Pour Agora, il s'agit aussi d'une sorte de promotion: le site abritera une grande partie de logements qui cherchent encore preneurs. Les visiteurs seront donc en même de petits investisseurs potentiels.

Journée portes ouvertes sur Belval-Ouest, dimanche 9 mars de 10 à 17 heures, rendez-vous au parking Esch-Raemerich, départ des visites en autobus toutes les vingt minutes, une visite dure quelque 50 minutes. Pour plus d'informations: Internet www.agora.lu ou téléphone 26 53 44. 

josée hansen
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