Musée de la forteresse

Slalom

d'Lëtzebuerger Land du 08.10.2009

Surtout ne plus faire d’erreur. Voilà le mot d’ordre de la ministre de la Culture, Octavie Modert (CSV), dans la gestion du dossier Musée de la forteresse (renommé Dräi Eechelen). Ayant hérité de ce bourbier du tandem Erna Hennicot-Schoepges / Georges Calteux, elle a dû assumer tous les reproches des institutions politiques et toutes les railleries du grand public. Après une législature passée à essayer d’y voir plus clair et à réorganiser le Service des sites et monuments nationaux (SSMN) en charge du dossier avec, notamment, la nomination de Patrick Sanavia à sa tête, elle s’est donc promis d’achever le chantier durant cette législature-ci – tout en se refusant d’avancer une date pour une possible ouverture. « Le Musée Trois Glands sera achevé suivant les lignes directrices du programme élaboré dans le cadre du nouveau projet de loi de financement relatif à l’achèvement du Musée de la Forteresse de Luxembourg dans le réduit du Fort Thüngen et de la mise en valeur de certaines parties de la forteresse du Luxembourg, » énonce sobrement le programme gouvernemental.

Ce projet de loi vient d’être déposé à la Chambre des députés, le 28 septembre, avec l’originalité que le document parlementaire n° 6071 comporte déjà en pièce attachée l’avis du Conseil d’État. La ministre, qui est également responsable des Relations avec le parlement, avait fait le choix de donner la primeur à la deuxième Chambre, afin qu’elle l’avise avant le dépôt à la première – ainsi, elle a pu amender le texte par rapport aux oppositions du Conseil d’État, dont une, formelle, sur l’article 4 du projet de texte sur le reclassement d’un fonctionnaire du SSMN. Les députés de la commission de la Culture, qui analyseront une première fois le texte le 19 octobre, risquent donc d’être perplexes que les remarques du Conseil d’État se réfèrent à un article qui a été biffé dans leur version.

Le projet de loi n’apporte guère de nouveautés côté concept  – désormais centré sur les identités, il fut déjà présenté en été 2007 –, mais se réduit à une « régularisation des engagements financiers déjà pris » et doit permettre « la conclusion de nouveaux contrats en vue de l’achèvement adéquat de tout le projet » (exposé des motifs, p.2) pour un engagement financier supplémentaire de l’ordre de 8,72 millions d’euros, imputables au Fonds pour les monuments historiques, et portant le coût global de l’entreprise à 43 millions d’euros. 

Bien que le Conseil d’État s’insurge encore une fois contre les « incuries administratives » de la gestion du dossier, ayant mené à une « dilapi­dation des deniers publics » (p.16), il donne néanmoins son aval au projet concernant les travaux.La gestion du musée sera assurée par le Centre de documentation sur la forteresse de Luxembourg, instauré en 2004 et rattaché, par un règlement grand-ducal d’août dernier, au Musée national d’histoire et d’art. Raison pour laquelle ce dernier voit augmenter son enveloppe budgétaire de 700 000 euros, à presque dix millions, en 2010. La Nuit des musées, qui a lieu demain, samedi, sera une des rares occasions pour le public de visiter le musée, qui présentera la collection Jordan, un stock de quelque 9 000 livres sur l’histoire de la fortification, que l’État a acquise de la famille allemande éponyme en 2008. 

josée hansen
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