Film made in Luxembourg

La tête à Toto

d'Lëtzebuerger Land du 18.09.2020

Toto, la superstar des blagues de la cour d’école, est devenu star de la BD en 2004 sous la plume de Thierry Coppée. 16 ans, 15 tomes et quelques 5 millions d’albums plus tard, il atterrit sur grand écran. C’est Les Blagues de Toto, un film de Pascal Bourdiaux, coproduit au Luxembourg par Bidibul Productions.

Amateurs de cinéma d’auteur, passez votre chemin ! La nouvelle coproduction de Bidibul – avec les comédiens locaux Jérôme Varanfrain, Anne Brionne et Elisabeth Chuffart et le chef d’orchestre, Gast Waltzing, à la baguette – débarque sur les écrans luxembourgeois sans autre prétention que celle de faire rire les plus jeunes. Le titre ne ment pas : Les Blagues de Toto ; et la filmographie du réalisateur parle aussi d’elle-même : Le Mac, Fiston, Mes Trésors, Boule et Bill 2, sans oublier Stars 80 dont il a signé le scénario.

Toto, faut-il vraiment le présenter ? Toto, c’est le garçon espiègle, un peu bête mais jamais méchant, qui sert de personnages à plein de blagues et autres plaisanteries de la culture populaire française. Un peu comme le Pitti grand-ducal, le Fritzchen allemand, le Jaimito des pays hispaniques ou encore le Pierino italien. Un personnage de blagues donc, qui convient bien à de petits gags en BD ; mais pour faire de cet univers hétéroclite un film, mieux valait délaisser d’entrée l’idée même des sketches et écrire toute une histoire en bonne et due forme.

Oh, attention, rien d’extravagant, mais une aventure à hauteur d’enfant.

Toto est le cancre de son école. Les maîtresses se battent pour ne pas l’avoir en classe car, si le garçon est gentil, il est surtout fainéant et extrêmement taquin. Les devoirs ? Très peu pour lui. Répondre à une question en classe ? Uniquement par une vanne.

Un comportement qui lui vaut plein d’amis – mais aussi quelques inimitiés de la part des premiers de la classe. Un comportement qui le rend aussi unique et attachant. Malgré ses énormes bêtises, ses parents ne le punissent que peu et ne veulent pas vraiment qu’il change. Mais, quand il fait une énorme bêtise lors du vernissage de la première exposition du musée privé du richissime et très antipathique patron de son père, ses parents n’ont d’autre choix que de l’inscrire dans un internat ultra strict.

Voilà l’idée de ce long-métrage de 84 minutes. Soyons honnêtes, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Entre aventure enfantine et buddy-movie, le film ne décolle jamais vraiment. Les personnages sont manichéens au possible et les situations plutôt tirées par les cheveux. Pour le moins pour un publique adulte... Sorti en France le 5 août dernier, le film n’affiche que 1,8 de moyenne (sur 5) sur plus de 330 avis du site allocine.fr.

Pourtant le film marche ! Petit à petit, il approche du million d’entrées. Preuve que le film plait à sa cible première : les 6 – 13 ans. Les jeunes aiment les blagues de Toto et l’aventure qu’on a concocté autour.

Bref, ce Toto est un film pour ceux qui ont aimé Ducobu, Les Profs, Boule & Bill (déjà coproduit par Bidibul), etc. Les jeunes Luxembourgeois auront également le plaisir de découvrir que Toto habite tout près de chez eux, du côté du boulevard de la Pétrusse, à Luxembourg et qu’il traîne du côté de Merl, du Limpertsberg, de Mamer, ou encore des lycées d’Ettelbruck.

Les Blagues de Toto de Pascal Bourdiaux. Sortie le 16 septembre.

Pablo Chimienti
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