Bijoux pimpants made in Luxembourg

d'Lëtzebuerger Land vom 15.07.2022

Cheveux relevés et tout de noir vêtue, ses boucles d’oreilles attirent tout de suite notre regard et donnent au sien un je-ne-sais-quoi de pétillant. Plutôt bon signe pour une créatrice de bijoux. Lynn Kohl, qui fêtera ses 34 ans cette semaine, l’annonce d’emblée : « Je crée ce que j’aime porter moi-même, des boucles grandes, colorées, pour lesquelles je laisse libre cours à mon imagination et qui apportent une vraie plus-value à n’importe quelle tenue ». Sans croquis ni dessins en amont, l’artiste laisse libre cours à sa spontanéité et à son humeur pour découper, à main levée, des formes diverses et variées dans de la pâte polymère. « J’ai découvert ce qu’on appelle plus communément la pâte fimo par hasard, en 2018, en tombant sur une paire de boucles d’oreilles fabriquées en cette matière. J’ai voulu essayer d’en faire moi-même et je me suis lancée. Au début, c’était très nul, mais j’ai persévéré et j’ai perfectionné mon geste. Puis au bout d’un moment j’ai eu tellement de bijoux que j’ai commencé à les distribuer à ma famille et à mes amis ».

Ses créations, Lynn les fait sur son temps libre, à côté de son poste de gérante à plein temps dans une boutique bio et équitable de la capitale. Un job qui lui plaît, mais qui ne répond pas pleinement à toutes ses attentes et surtout, ne lui laisse pas assez de temps pour développer sa nouvelle passion. « J’ai toujours eu la fibre artistique – j’étais d’ailleurs en section artistique au lycée d’Echternach. À la boutique, même si j’avais une grande liberté créative notamment au niveau du choix des collections, cela me manquait de faire quelque chose de mes mains ». Un constat que la jeune femme, diplômée en architecture, avait déjà fait quelques années auparavant, alors qu’elle venait d’entamer sa carrière d’architecte au Luxembourg. « J’ai arrêté au bout de quatre ans, car j’ai rapidement su que ce n’était pas ce que j’avais envie de faire tout le reste de ma vie. Je veux réaliser des choses qui restent, mais pas faire un travail invisible et qu’on ne voit pas concrètement ».

Avec la pandémie, la boutique qu’elle gère vit une période compliquée. L’avenir est incertain, mais Lynn y voit une opportunité : elle quitte son emploi fin 2021 et adopte le statut d’indépendante en 2022. Sa marque, Rambazamba, voit le jour. « J’ai installé mon atelier sous les combles de ma maison à Mersch et j’ai continué à créer mes bijoux. C’est toujours le même principe, un mélange de couleurs avec la pâte Fimo, une découpe, une technique spéciale pour coller le fermoir, du polissage, un ou deux passages au four et voilà. J’ai commencé avec un petit four à pizza, mais là j’ai acheté un modèle plus grand à quatre étages et bien plus pratique, car la production doit suivre ». De plus en plus présente sur les marchés de créateurs, comme encore dernièrement à celui organisé par la Kulturfabrik à Esch-sur-Alzette, la marque et ses bijoux colorés et extravagants rencontrent le succès auprès du public. « Les gens aiment que les pièces soient légères, pas plus de 5 g en général, et sont toujours curieux de savoir comment elles sont faites. Beaucoup pensent à l’impression 3D d’ailleurs, ce qui me fait plaisir, car ça veut dire que mon travail est bien fait ».

Si les boucles d’oreilles sont à l’heure actuelle les pièces phares de la marque – et les préférées de la créatrice – celle-ci compte bien élargir sa gamme. « Rambazamba ce n’est pas que des bijoux, mais des choses cool faites à la main au Luxembourg. Là j’ai des commandes pour des boucles un peu plus petites et des clips pour les enfants et je fais aussi des barrettes, des broches et sans doute bientôt des colliers. Mais depuis peu, je me suis lancée dans des miroirs en laine tuftés à la main. J’ai envie de créer des choses plus grandes, peut-être des tapis bientôt, et surtout ne pas me mettre des limites ; j’aime changer de métier souvent alors autant profiter de cette liberté ». En plus de son e-shop, Lynn Kohl envisage de proposer ses créations dans différents points de vente du pays d’ici la rentrée – les négociations sont en cours du côté de la capitale et de Wiltz. En attendant, Rambazamba sera présente au Zolwer Moart à Soleuvre le 18 juillet et au Augenschmaus au Nëssert à Bergem les 17 et 18 septembre.

Salomé Jeko
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