Université du Luxembourg

Kick-off at last?

d'Lëtzebuerger Land vom 10.03.2005

«Ou j'ai plus de pouvoir, ou ça n'ira pas,» répondit Rolf Tarrach, le recteur de l'Université du Luxembourg, à la question d'un journaliste, lors d'un premier petit-déjeuner de presse au campus Limpertsberg, mercredi matin. Et de continuer : «En ce moment, il y a un contrôle qui n'est pas normal pour une université européenne. Peut-être que cela s'explique par le fait que l'université est jeune et qu'on ne me connaît pas, mais j'espère que cela va changer. Il faut faire plus confiance au recteur!» Samedi dernier, lors des Assises externes de l'Université qui ont eu lieu à Walferdange, Erna Hennicot-Schoepges (CSV), députée européenne et, de son temps en tant que ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, fondatrice de l'Université, avait, dans un plaidoyer très applaudi pour une politique plus ambitieuse, encouragé le recteur: «La perspective qui vous reste, monsieur le recteur, c'est de lutter pour plus d'autonomie.» Tout le défi de l'Université se situe actuellement là : alors que le recteur, très ambitieux et visiblement motivé, veut vraiment avancer dans la création d'une université de recherche très pointue, quelle sera sa liberté d'action? Le conseil de gouvernance, composé d'académiciens étrangers et de chefs d'entreprise luxembourgeois, reste très à l'écoute du gouvernement - la difficile prise de décision en matière de formation des enseignants le prouve - et les entreprises luxembourgeoises veulent elles aussi avoir leur mot à dire sur le genre de formations qui seront offertes. Les observateurs auront bien compris que pour Rolf Tarrach, ça passe ou ça casse, soit il aura plus d'autonomie pour développer des axes de recherche et d'enseignement, soit il ne restera pas bien longtemps. «L'Université du Luxembourg est un projet commun et fédérateur, estima la secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, Octavie Modert (CSV), samedi aux Assises. Personne ne doute plus de l'existence de cette université». Dix minutes plus tard, comme pour lui répondre, Erna Hennicot constata par contre que «le projet de l'Université est loin d'être accepté, les milieux concernés n'ont toujours pas compris l'importance de ce projet pour l'avenir du Luxembourg.» Dans l'après-midi, François Biltgen, son successeur, se voulut plus optimiste : «Il y a aujourd'hui un large consensus sur le choix de la loi. L'Université existe, elle est une nécessité pour l'économie et pour la société luxembourgeoises.» La vraie importance que le gouvernement Juncker/ Asselborn accorde à l'Université du Luxembourg se verra au moment de l'attribution du budget 2006. Le conseil de gouvernance vient de donner son accord à une dizaine de bachelors et huit masters qui seront tous lancés à la prochaine rentrée académique, qui sera donc l'entrée officielle du Luxembourg dans le processus de Bologne et la première vraie promotion selon la loi de 2003. D'ici l'été, Rolf Tarrach et son équipe entendent définir les grands axes de recherche sur lesquels sera basé tout le développement de l'Université du Luxembourg, avec, pour objectif, de pouvoir les faire adopter en conseil de gouvernance en juin et lancer les offres d'emploi en juillet pour embaucher avant la rentrée. Le souci majeur du rectorat     est de pouvoir offrir d'ici-là des infrastructures adéquates pour attirer des enseignants et des chercheurs du meilleur niveau. Pour motiver les étudiants, qui sont au moins aussi nécessaires, de s'inscrire, l'Université organise pour la première fois une journée portes ouvertes sur les trois campus, mardi 22 mars de 9 heures à 18 heures.

josée hansen
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